Des droits de douane américains de 25 % sur les importations européennes pourraient nuire à la croissance de plusieurs pays européens, dont la France.
La guerre commerciale entre Bruxelles et Washington est désormais en phase de désescalade. Alors que plusieurs chefs d'État européens ont haussé le ton lors du forum économique de Davos, mi-janvier, face à la volonté de Donald Trump d'envahir le Groenland, le président américain a calmé le jeu. Après avoir menacé huit États européens de 25 % de droits de douane supplémentaires, il a finalement reculé.
Tant mieux pour l'Europe, affirme une analyse de l'université Aston de Birmingham. Cette étude montre que l'Europe aurait subi des pertes économiques plus importantes que les États-Unis si les deux camps s'étaient engagés dans une véritable guerre commerciale, où l'UE et le Royaume-Uni auraient appliqué des droits de douane identiques.
L'étude d'Aston concluait que même si l'Europe serait perdante dans un scénario de représailles généralisées contre les États-Unis, elle pourrait néanmoins leur infliger quelques dommages grâce à des mesures ciblées.
25 % de droits de douane américains feraient perdre entre 0,1 % et 0,3 % de point de PIB à la France contre entre -0,3 % et -0,7 % pour la moyenne européenne. Les États qui souffriraient le plus d'une telle surtaxe seraient l'Allemagne (entre -0,6 % et -0,9 % de PIB) et les Pays-Bas (entre -0,7 % et -1,5 % de croissance). L'Espagne, la Pologne et l'Italie, eux, perdraient moins de 0,3 % de point de PIB en cas de nouvelles surtaxes américaines.
Pour nuire à Washington, l'Europe doit sanctionner les Gafam
En cas de nouveau bras de fer, pour avoir une chance de ne pas être le grand perdant, l'Europe doit s'attaquer aux entreprises technologiques et financières américaines, selon l'étude.
Consciente du risque de répercussions plus importantes, début janvier, l'UE avait préparé un ensemble de mesures de rétorsion soigneusement calibrées contre Washington. Les Vingt-Sept prévoyaient des droits de douane sur 93 milliards d'euros d'importations américaines, notamment des avions Boeing, des voitures, du bourbon et du soja, si Trump avait mis en place ses surtaxes.
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Mais « le défi, c'est que la menace soit crédible », explique Jun Du, professeur d'économie à l'université d'Aston, qui a dirigé la recherche. « L'Europe ne peut pas menacer d'exclure Google ou Microsoft, mais elle pourrait prendre des mesures réglementaires, par exemple, visant les nouveaux entrants sur le marché. »