14 700 euros par apprenti : la facture de l’apprentissage explose en France
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84% des petites entreprises ont une bonne image de l'apprentissage.
Reuters
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84% des petites entreprises ont une bonne image de l'apprentissage.
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L’apprentissage n’est plus une niche mais une stratégie de masse dans le paysage de la formation professionnelle française, révèle une note de la direction générale du Trésor publiée mardi 25 novembre. Ce modèle, fondé sur une alternance de formation en entreprise et en centre de formation d’apprentis (CFA) pour l’obtention d’une qualification professionnelle reconnue, vise clairement à favoriser l’employabilité des jeunes à la sortie des études.
La trajectoire du dispositif a été bouleversée par la réforme de 2018. Depuis cette date, le pays enregistre une augmentation fulgurante des entrées en formation. En 2024, 879 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été signés, un chiffre à comparer aux 306 000 contrats de 2017. Cette progression spectaculaire, de près de 187 % en sept ans, a porté le nombre total d’apprentis en cours de contrat à plus d’un million à la fin de 2024.
Cette montée en charge est le résultat d’un ensemble de mesures structurelles. La libéralisation de l’offre de formation des CFA a ouvert l’écosystème à de nouveaux acteurs. En parallèle, le cadre réglementaire des contrats a été assoupli, facilitant l’accès au dispositif tant pour les jeunes que pour les employeurs. Le troisième pilier de cette dynamique repose sur la mise en place d’une aide unique de l’État destinée aux employeurs, un soutien public massif qui a servi de levier à l’accélération de la tendance.
L’ampleur de l’expansion génère cependant une pression budgétaire inédite. L’essor de l’apprentissage s’est traduit par un quasi-triplement de son coût pour les finances publiques. Le bilan financier de 2023 se révèle particulièrement lourd : le soutien public total a atteint environ 15 milliards d’euros.
Ramenée à l’individu, cette enveloppe représente un investissement de 14 700 euros par apprenti. Cette dépense positionne la France à un niveau de soutien nettement supérieur à celui observé dans d’autres pays européens historiquement attachés à l’alternance, à l’image de l’Allemagne. Face à ce coût élevé, des ajustements du soutien financier sont prévus pour 2025. Leur objectif explicite est de contenir la dépense publique, reconnaissant que la croissance quantitative doit désormais être couplée à une soutenabilité budgétaire.
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La hausse des effectifs ne masque pas seulement une massification : elle révèle une mutation profonde du profil des apprentis. L’apprentissage a significativement basculé, se déplaçant de l’enseignement secondaire vers le supérieur. Les étudiants de l’enseignement supérieur sont désormais proportionnellement plus nombreux à choisir cette voie que ceux issus du secondaire.
Le changement de dynamique touche également le paysage des employeurs. Les entreprises accueillant des apprentis sont de plus en plus issues du secteur des services. Cette diversification des employeurs est concomitante à la progression des niveaux d’études des apprentis. Elle reflète une adéquation croissante du modèle de l’alternance avec les besoins en compétences de l’économie tertiaire et les aspirations des étudiants de haut niveau.
Sur le plan de l’efficacité en matière d’emploi, l’apprentissage facilite globalement l’insertion professionnelle en début de carrière de manière supérieure à la voie scolaire classique. L’impact est particulièrement frappant aux niveaux de qualification courts, tels que le CAP et le bac pro.
L’écart d’insertion entre alternants et scolaires est maximal à ces niveaux. L’étude révèle des chiffres précis sur la cohorte de jeunes sortis d’études en 2021. Au niveau CAP, 63 % des apprentis étaient en emploi 18 mois après la fin de leur formation. Sur la même période et pour le même niveau de diplôme, seuls 36 % des scolaires avaient trouvé un emploi. L’avantage de l’alternance est donc plus du double pour ces titres professionnels.
L’efficacité du dispositif doit être nuancée à mesure que le niveau de diplôme s’élève. L’effet d’insertion tend à diminuer fortement avec la qualification. La plus forte limite est atteinte au niveau master, où l’avantage de l’apprentissage par rapport à la voie scolaire est jugé plus restreint. L’apprentissage demeure une voie d’accès à une qualification professionnelle reconnue visant l’employabilité.
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