Le projet de budget 2026 prévoit des coupes drastiques à tous les étages dans l'apprentissage, le service civique, les associations ou le sport. En première ligne, les jeunes pourraient payer un lourd tribut au moment où l'économie tourne à bas régime.Les jeunes pourraient bien subir de plein fouet les coupes drastiques du budget 2026. Entre le gel des aides au logement (APL), le tour de vis sur l’apprentissage, le service national universel (SNU), ou encore le service civique, les politiques publiques en faveur de la jeunesse sont dans le collimateur du gouvernement Lecornu. Or, les premières semaines de débats parlementaires ont fait l’impasse sur cette population pourtant « inquiète ».
Le budget 2026 de Sébastien Lecornu « abandonne les jeunes », dénonce Louise Lenglin, vice-présidente du syndicat Fage (Fédération des associations générales étudiantes). Et si la copie du Premier ministre pourrait être remaniée en fonction des amendements adoptés et de la fragmentation du Parlement, l’orientation budgétaire « n’est pas à la hauteur des attentes de la jeunesse », poursuit la porte-voix. « C’est un budget d’appauvrissement général », tacle David Cluzeau, délégué général d’Hexopée (une organisation professionnelle spécialisée dans l’éducation, le sport ou la culture). Un constat dressé au moment où le taux de pauvreté chez les jeunes (de 18 à 29 ans) culmine à des sommets (17,5% contre 15,4% en moyenne), selon de récentes données de l’Insee.
Jeunesse : plus de 400 millions d’euros de coupes
Dans son projet de budget, le gouvernement Lecornu avait inscrit 31 milliards d’euros d’économies pour 2026, dont 17 milliards de restrictions. Derrière ces grands chiffres, beaucoup de programmes enregistrent des baisses drastiques. Le programme 163 consacré aux actions jeunesse et éducation populaire pourrait être amputé de 44 millions d’euros. Le service civique pourrait voir ses subsides baisser de 90 millions d’euros.
Quant au controversé service national universel (NU), le montant d’économies attendu est de 65 millions d’euros. Critiquée par un grand nombre d’organisations de jeunesse et la Cour des comptes, le SNU promu Emmanuel Macron était sur la sellette depuis plusieurs années déjà. Mais beaucoup « de crédits consacrés au SNU ont été jetés à la poubelle », regrette Louise Lenglin. Au total, le gouvernement a prévu de tailler 400 millions d’euros de crédits sur toutes ces politiques publiques, d’après une note du réseau Hexopée.