Les flux migratoires vers l’Europe ont baissé en 2024, mais restent à un niveau historiquement élevé, selon l’OCDE.
Les flux migratoires vers les pays développés ont marqué un léger recul en 2024, après trois années consécutives de hausse, selon un rapport publié lundi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le volume de nouveaux immigrés permanents, incluant les détenteurs de titres de séjour et les ressortissants européens, s’établit à 6,2 millions, contre 6,5 millions en 2023, année record.
Malgré ce recul de 4 %, l’organisation souligne que ces flux restent « historiquement élevés », avec un niveau supérieur de 15 % à celui de 2019, avant la crise sanitaire. La migration familiale continue de dominer, tandis que la migration pour motifs professionnels recule fortement (-21 %), rompant avec la tendance haussière observée depuis 2020. Près de 77 % des immigrés étaient actifs sur le marché du travail en 2024, et moins de 10 % étaient au chômage.
La moitié des flux migratoires se concentre dans cinq pays : les États-Unis, l’Allemagne, le Canada, le Royaume-Uni et l’Espagne. Les États-Unis restent la première destination, avec 1,42 million de nouveaux immigrés permanents, en hausse de 20 % par rapport à 2023, stimulée par les admissions pour motif humanitaire sous l’administration du président Joe Biden. L’Allemagne (586.000), le Canada (484.000), le Royaume-Uni (436.000) et l’Espagne (368.000) accueillent chacun entre 7 % et 11 % du total.
Diminution des flux irréguliers
Le repli global touche principalement les pays européens : la France et l’Autriche enregistrent une baisse de 3 %, l’Allemagne de 12 %, la Suède de 13 %, la Slovénie de 29 %, et le Royaume-Uni de 41 %. Ce dernier chiffre s’explique notamment par la diminution de 31 % des visas familiaux pour les travailleurs de la santé, conséquence d’une nouvelle politique migratoire, bien que le volume d’immigration légale reste historiquement élevé sur vingt ans, hors les pics post-Brexit de 2022-2023.
Parallèlement, les flux irréguliers déclinent significativement. Les franchissements de frontières détectés au sein de l’UE chutent de 37 % à 240.000, tandis que les interceptions par la Patrouille frontalière américaine diminuent de 48 % pour s’établir à 1,1 million.
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Pour les économies développées, ces données confirment un changement de dynamique : si la migration reste soutenue, elle se diversifie et se concentre sur des motifs familiaux ou humanitaires, alors que l’immigration liée au travail perd de son élan. Les implications économiques sont multiples, de la disponibilité de main-d’œuvre à l’intégration sociale et fiscale des nouveaux arrivants, et elles varient fortement selon les politiques nationales et régionales.