Quand Alain Juppé et le patron de la CPME font entendre leur ras-le-bol contre l'inflation normative
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Alain Juppé est désormais âgé de 80 ans.
FM/SAA/ - REUTERS - POOL
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C'était il y a presque trois décennies : la loi relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville était promulguée par le président Chirac le 14 novembre 1996. Au cœur du dispositif : la création des zones franches urbaines (ZFU), où s’applique toujours aujourd'hui une exonération d’impôt sur les bénéfices. Vingt-neuf ans plus tard, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, invité du Forum économique des banlieues ce jeudi, n'a rien oublié du texte.
Attaqué à l'époque sur les effets d'aubaine, il a toujours répliqué qu'il voulait « éviter que toutes les entreprises se concentrent dans certains territoires ». « L'objectif a été atteint à Bordeaux. Cela a abouti à un rééquilibrage de la métropole et a contribué à l'essor et au changement d'image de ces territoires », insiste aujourd'hui l'ancien élu, de 1995 à 2004 et de 2006 à 2019.
Sur sa gauche, le président de la Confédération des petites moyennes et entreprises (CPME), Amir Reza-Tofighi, s'en est, lui, pris « au flux de nouvelles normes ». « Quand on est chef d'entreprise, on se prend un flot de contraintes et de complexités, avec des formulaires à remplir et des nouvelles règles qui fragilisent les petites entreprises qui vont y passer du temps », a-t-il lancé dans l'hémicycle du Conseil économique, social et environnemental.
Sa cible : l'Union européenne, « Une Europe de normes et de règles, très loin du terrain », et surtout la directive relative à la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD). « Nous sommes d'accord sur l'ambition, mais nous avons accouché d'un délire bureaucratique face aux Chinois et aux Américains qui sont loin d'avoir les mêmes normes. La France surtranspose et émet ses propres règles », a enchaîné le patron de la CPME.