ENTRETIEN. Alors que la France tient enfin son budget pour l'année 2026, Matthieu Bacquin, le directeur général et fondateur de Finalli, salue l’abandon du coup de rabot initialement prévu au statut de Jeune entreprise innovante (JEI). Mais il regrette aussi une copie gouvernementale « frustrante » et « anachronique ».Fondée en 2016 à Bordeaux, Finalli accompagne 800 start-up, PME et ETI dans l’obtention des différents soutiens à l’innovation, qu’il s’agisse des crédits d’impôts ou des subventions. À la tête de 37 salariés pour 2,4 millions d’euros de chiffre d’affaires, son CEO et fondateur livre à La Tribune son regard sur le budget pour 2026 adopté par l'Assemblée nationale.
LA TRIBUNE - Quelles sont les principales évolutions figurant dans le budget 2026 en matière d’aides aux entreprises innovantes ?
MATTHIEU BACQUIN - À la lecture de la copie finalement votée après des mois de débats, le budget 2026 est autant un soulagement qu’une déception ! Le texte initial prévoyait un nouveau coup de rabot porté au statut de Jeune entreprise innovante (JEI). Les entreprises éligibles doivent prouver qu’au moins 20 % de leurs dépenses sont consacrées à de la recherche et développement. Cette barre, déjà relevée de 5 points dans le budget de l'année passée, a failli être relevée à 25 % ce qui aurait été une très mauvaise nouvelle pour des centaines de pépites deeptech. Mais l’idée a heureusement été abandonnée. C’est un vrai soulagement pour ces jeunes entreprises technologiques qui ont souvent un horizon de commercialisation supérieur à cinq ans.
L’autre bonne nouvelle c’est la création d’un statut de JEI à impact à destination des entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) et de celles obtenant l’agrément Esus (entreprises solidaires d’utilité sociale). Le seuil des dépenses consacrées à la R&D est fixé à seulement 5 % ce qui en fait un dispositif très ouvert. Il reste à connaître le nombre d’entreprises potentiellement concernées.
Le Crédit d'Impôt Innovation (CII) avait pris littéralement un coup de hache avec -33 % en 2025 en portant le taux de financement de ce dispositif, pourtant réservé aux PME qui sont les entreprises qui ont le plus besoin de soutien, de 30% à 20%. On aurait aimé voir un réveil, un sursaut pour revenir en arrière sur cette mesure brutale et à contre-sens, il n'en est rien.