Les représentants de 11 grands vignobles mondiaux se sont réunis à Bordeaux pour la 25e édition de la conférence annuelle du réseau Great wine capitals. Au centre des conversations, la chute globale de la consommation mais aussi les espoirs placés dans l’œnotourisme entre bouée de sauvetage et relais de croissance.
L’introduction de Jean-Baptiste Thial de Bordenave a le mérite de la franchise : « Nous sommes à un moment critique, face à une baisse de la consommation et une surproduction. Nous sommes forcés de penser différemment. Il nous faut reconnecter les gens avec le sens et la culture du vin, et l’œnotourisme y participe. »
Sous les luminaires tubulaires de l’auditorium de la Cité mondiale du Vin de Bordeaux, l’ambassadeur de Bordeaux pour le Great Wine Capital (GWC) et président de l’International wine association, ouvre une série de présentations sur l’état du marché mondial et les perspectives offertes par l’œnotourisme.
C’est le programme de la dernière journée de la conférence annuelle de ce réseau professionnel qui a rassemblé environ 250 personnes à Bordeaux pour son 25e anniversaire, du 2 au 6 novembre. Se sont succédé des réunions professionnelles, des visites techniques et des dégustations, entre Bordeaux et Cognac.
Il faut s’attendre à « beaucoup de cadavres »
Rodolphe Lameyse assure la première prise de parole derrière et il annonce la couleur : « Quinze minutes de présentation ne sont pas assez pour passer en revue l’état de santé de notre filière, mais ça suffira à vous plomber le moral… » La raison du moral en berne c’est la baisse de la consommation mondiale depuis plusieurs années. À cela s’ajoutent la « guerre commerciale et les pressions exercées par le lobby de l’hygiène. »
Réaliste mais pas fataliste, le PDG de Vinexposium, l’organisateur du salon Wine Paris, dresse le tableau, et les chiffres ne font qu’enfoncer le clou : la consommation chinoise a baissé de 60 % sur les dernières années, « un désastre », la consommation des États-Unis accuse une baisse de 54 % sur une période encore plus courte « du jamais-vu depuis la prohibition ». Résultat : il faut s’attendre à « beaucoup de cadavres ». Sa conclusion prend la forme d’un encouragement : « Cessez de considérer que l’œnotourisme ne rime pas avec argent. Cette activité vous permettra d’entrer en contact avec de nouveaux clients, et d’en faire des ambassadeurs de votre produit. »
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