Le dernier sondage réalisé par FranceAgriMer révèle, ce jeudi 6 novembre, que près de 35 000 hectares supplémentaires auraient besoin d’être arrachés dans le vignoble français. La conséquence d’une crise du vin français, aussi bien conjoncturelle que structurelle, alors que les producteurs cherchent à concilier survie économique, transition agricole et mutation des marchés.Vers une nouvelle saignée du vignoble français ? À peine la dernière campagne d’arrachage définitif terminée – 27 000 hectares de vignes concernés (voir encadré) – qu’une nouvelle vague se profile déjà. L’opérateur public FranceAgriMer a en effet sondé les viticulteurs sur leurs intentions d’arrachage pour la campagne 2025-2026. Résultat : 34 428 hectares supplémentaires seraient concernés, selon les données communiquées ce jeudi 6 novembre à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard.
« 80 % des surfaces concernées sont liées à des arrachages partiels, observe Jérôme Despey, président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer. On est bien dans un objectif de reconquête des marchés avec une restructuration du vignoble, même s’il reste 20 % qui veulent arrêter l’activité viticole. Il s’agit de personnes proches de la retraite ou dans des situations économiques particulièrement difficiles. »
« Leur lot de mauvaises nouvelles »
« Cela démontre que la situation s’est aggravée depuis le dernier arrachage. Et ce n’est sans doute pas l’atterrissage final car depuis le sondage, réalisé durant l’été, les vendanges sont passée par là, avec leur lot de mauvaises nouvelles », estime de son côté Jean-Marie Fabre, président de la Fédération nationale des vignerons indépendants.
Les 50 000 hectares pourraient de fait être atteints. Une enveloppe de près de 200 millions d’euros sera nécessaire pour financer cette nouvelle campagne, ainsi que les mesures en faveur de l’irrigation, ont indiqué les représentants de la filière à la ministre qui leur a assuré de son engagement pour obtenir, auprès de Bruxelles, une réponse d’ici à fin novembre. Restera également à savoir si le montant de la prime d’arrachage sera le même que lors de la campagne précédente, soit 4 000 euros l’hectare.