Dans un contexte délicat pour le commerce et la grande distribution, les centres commerciaux continuent à tirer leur épingle du jeu. L’an dernier, ces lieux réunissant plusieurs dizaines de boutiques ont affiché une hausse de leur fréquentation (+1,1 %) comme de leur chiffre d’affaires (+1,3 %). Avec une prime à la taille : plus il y a de boutiques, plus le modèle fonctionne. Mais paradoxalement les centres commerciaux situés en centre-ville, bien que souvent plus petit, sont ceux qui s’en sortent le mieux.
Alors que beaucoup de zones commerciales de périphéries ont lancé des stratégies de valorisation de leur foncier pour accueillir des logements ou d’autres activités, les centres commerciaux urbains n’ont pas cette possibilité. Contraints en termes de surfaces, ils misent sur d’autres leviers pour se démarquer face à la concurrence féroce de l’e-commerce.
L’emplacement reste la clé du succès. Située à la jonction des deux principales artères commerçantes de Bordeaux, la Promenade Sainte-Catherine dresse un bilan positif dix ans après son ouverture par la foncière néerlandaise Redevco. « Malgré les Gilets jaunes, le Covid, la guerre en Ukraine, la crise énergétique, l’inflation et l’instabilité politique, on a une progression de 24 % de notre chiffre d’affaires entre 2016 et 2024 pour atteindre 65 millions d’euros malgré une baisse de -17 % de la fréquentation, contre -40 % dans le reste de l’hypercentre de Bordeaux », constate Vincent Mauvage, le directeur de ce site à ciel ouvert.
Réparties sur 19 000 m2, ses 37 boutiques ont vu passer 4,6 millions de visiteurs l’an passé. L’exercice 2025 devrait être plutôt résilient malgré le ralentissement économique avec une fréquentation stable et un chiffre d’affaires en hausse de 3 % à fin septembre.