« Les nouvelles orientations stratégiques et financières de l'établissement public d'aménagement Bordeaux Euratlantique » ont été annoncées le 1er décembre dernier prolongeant officiellement l'opération de dix ans, jusqu'à 2040. Le conseil d'administration, qui réunit l'
É
tat et les collectivités, a également acté des ambitions quantitatives et qualitatives grâce à un réinvestissement de 150 millions d'euros d'argent public, soit davantage que la mise de départ de 100 millions d'euros ! Mais plus que d'un prolongement, il s'agit en réalité de renflouer une opération dont les coûts ont explosé et qui s'orientait vers un énorme déficit.
« Si on ne décidait rien, c'est un trou de 150 millions d'euros qui se profilait à l'horizon 2030. Donc soit on décidait de partager ce déficit à fin d'affaires entre l'Etat et les collectivités, soit on s'organisait pour faire autrement », confirme à La Tribune Valérie Lasek, la directrice générale de l'EPA.
En 2009, l'Opération d'intérêt national (OIN) est lancée avec une mise de départ de 100 millions d'euros apportée par l'Etat (35 %), Bordeaux Métropole (35 %) et les villes de Bordeaux (20 %), Bègles (7 %) et Floirac (3 %). Dans un contexte de cycle immobilier euphorique, le modèle économique est fondé sur la création de valeur liée à l'aménagement des terrains (ventes de terrains viabilisés, fiscalité). Mais quinze ans plus tard, le constat est là : « le coût du foncier a été largement sous-estimé ! », lâche Valérie Lasek, arrivée aux manettes mi-2021. La directrice générale, passée par le cabinet de l'écologiste Cécile Duflot au ministère du Logement, pointe notamment les limites des ZAD, les zones d'aménagement différé qui permettent de geler le prix du foncier : « Une ZAD ne dure que six ans, on a donc déjà réajusté deux fois les valeurs foncières qui se renchérissent de manière significative puisqu'on transforme des friches urbaines. »