Depuis dix ans, les écoles d’ingénieurs privées se multiplient à Bordeaux. Ces campus flambant neufs espèrent attirer les étudiants français et étrangers. Mais le fléchissement démographique annoncé et les nombreux défis à relever attisent la concurrence entre établissements. Au point de questionner leur pérennité.C’est l’effervescence dans le bâtiment flambant neuf de l’Estaca lors de son inauguration ce 12 février. Présente à Bordeaux depuis 2022, l’école d’ingénieurs spécialisée dans les transports inaugure son nouveau campus de 5 800 m² dans le nouveau quartier Belvédère, rive droite. Portée par son bassin économique et une qualité de vie attractive pour les étudiants, Bordeaux a vu apparaître un vivier d’écoles d’ingénieurs privées ces dix dernières années.
L’ESME a ouvert le bal en 2017 avant Elisa Aerospace en 2018, l’ECE en 2019 puis Junia et l’Efrei l’année suivante et l’Isep l’an dernier. Au total, une petite dizaine d’écoles se sont installées en plus de l’importante offre publique portée notamment par Bordeaux INP, Bordeaux Sciences Agro et les Arts et Métiers.
« Nous devons sortir plus d’ingénieurs »
Un mouvement accompagné par la Région Nouvelle-Aquitaine qui subventionne l’installation des campus pour répondre aux besoins du territoire. « Il y avait peu d’écoles il y a 20 ans. La région se réindustrialise et nous devons sortir plus d’ingénieurs », expliquait ainsi Françoise Jeanson, sa vice-présidente, lors de l’inauguration de l'Estaca. La collectivité dénombre désormais 11 000 élèves ingénieurs dans la région.
Cette attractivité est notamment portée par les moteurs historiques du territoire : la filière aéronautique, spatial, défense, le numérique et la santé. De quoi garantir une bonne employabilité aux étudiants. Elisa Aerospace et l’ESTACA s’épanouissent ainsi au sein du 3ᵉ vivier aéronautique de France tiré notamment par les grands groupes - Thales, Safran, Dassault Aviaton et ArianeGroup - et des start-up. « L’aéronautique et le spatial représentent plus de 10 000 recrutements par an en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie », rappelle ainsi Bruno Darboux, le président d’Aerospace Valley.