Hélène Huby, directrice générale de The Exploration Company, entourée de Benjamin Haddad, ministre délégué à l’Europe, et de Bruno Bonnell, secrétaire général à l’investissement, le 20 novembre 2025, à Bordeaux.
La start-up franco-allemande poursuit sa course fulgurante vers l’accès à l’espace. Elle a pris possession de ses nouveaux locaux bordelais où elle implantera une usine et un centre d’opérations spatiales unique en Europe.
« Il y a quatre ans, nous étions quatre avec 50 000 euros en poche. Aujourd’hui, nous sommes 400 personnes, nous avons levé 225 millions d’euros ! » En quelques mots, Hélène Huby brosse la trajectoire ascendante de The Exploration Company (TEC) dans le domaine du spatial.
La start-up franco-allemande ne développe rien de moins que la première capsule européenne capable d’emporter en orbite basse du fret - et à plus long terme des humains - puis de revenir sur terre. « Le développement de ce module, baptisé Nyx, est réalisé à 35 à 40 % », assure la fondatrice qui ne dispose actuellement que d’un seul concurrent opérationnel avec SpaceX.
« J’ai très peu de doutes sur la réalité de ce marché car l’offre est réduite alors même que la demande d’accès à l’espace ne cesse de croître », appuie l’ancienne ingénieure d’ArianeGroup et d’Airbus. Elle revendique 800 millions d’euros de contrats auprès de l’ESA, l’Agence spatiale européenne, de la Nasa et d’investisseurs privés.
Le « centre névralgique » de la start-up
Mais pour cela il faudra arriver à tenir les délais ce que l’entreprise s’est attaché à faire depuis quatre ans malgré les problèmes de parachutes survenus sur le vol retour du prototype « Mission Possible » réalisé en juin dernier. Et Hélène Huby salue ce 20 novembre à Bordeaux une nouvelle étape clé du développement de TEC. La dirigeante s’installe ainsi dans de nouveaux locaux au Haillan, tout près de Bordeaux. Elle y a acheté les anciens bâtiments industriels de Steris juste en face d’ArianeGroup et à quelques encablures de ceux HyprSpace.
Ce bâtiment de 7 500 m2 deviendra « le centre névralgique des activités de propulsion » de la start-up européenne dont le siège restera à Munich, en Allemagne. Il réunira le développement, l’assemblage et les tests de tous ses propulseurs (Huracan, Typhoon, Storm, Mistral et Breeze) destinés à équiper sa capsule spatiale et ses projets de véhicule lunaire et de fusée ainsi que les activités liées à la protection thermique de ces engins et à leur ingénierie système.
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De Houston au Haillan
Mais Le Haillan abritera également le centre d’opérations spatiales assurant le pilotage et le suivi en temps réel des missions spatiales de TEC. Directement connecté au centre de la Nasa à Houston et présenté comme « unique en Europe », ce centre sera opéré par 25 personnes. « Notre capsule sera assemblée et pilotée depuis Bordeaux », résume Hélène Huby, qui prévoit au total d’investir entre 150 et 200 millions d’euros dans son site bordelais qui emploiera 350 à 400 salariés à l’horizon 2028.
« Le projet européen dont nous avons tant besoin se construit concrètement ici avec des projets comme celui de The Exploration Company qui est en passe de disrupter le New Space », conclut Benjamin Haddad, le ministre délégué à l’Europe, venu inaugurer ces nouveaux locaux avec Alain Rousset, le président du conseil régional. Déjà très en vue, Hélène Huby a aussi été nommée, avec Thomas Pesquet, comme ambassadrice du Sommet spatial international qui se tiendra à Paris en avril 2026.