EXCLUSIF. Pour sa première interview depuis sa nomination l’an dernier à la Commission européenne, le Danois, chargé du Logement et de l’Énergie, a choisi, en France, La Tribune pour présenter sa feuille de route Logement. Dan Jorgensen y met, notamment, en musique les dernières annonces de la présidente Ursula von der Leyen sur les locations de courte durée.LA TRIBUNE – Vous êtes le premier commissaire européen chargé du Logement (et de l’Énergie). La présidente de la Commission a largement évoqué le sujet dans son dernier discours de l’État de l’Union. Pourquoi avez-vous été nommé ?
DAN JORGENSEN : Si nous, en tant que décideurs politiques, ne prenons pas ce problème au sérieux et ne reconnaissons pas qu’il s’agit d’un problème social qui nécessite une action, alors les populistes gagneront. Car lorsqu’il y a de grands problèmes sociaux qui mènent à l’inégalité et au non-respect des besoins fondamentaux des gens, ils protestent. C’est légitime et compréhensible. Or, évidemment, les populistes anti-UE n’ont pas les réponses.
Que proposez-vous dans ce cas ?
Je n’ai pas encore rencontré de représentants, que ce soit des gouvernements ou des autorités locales, ou même des citoyens en Europe, qui ne considèrent pas cela comme un problème. Peu importe le pays d’où ils viennent, il y a trop peu de logements abordables que ce soit à la location ou à l’achat. Ainsi, au cours des dix dernières années, les prix des logements ont augmenté de 20 %, tandis que dans le même temps, les permis de construire ont diminué de 20 %. Donc, les prix des logements augmentent parce que l’offre et la demande ne s’équilibrent pas.
À cela s’ajoutent les factures d’énergie. 47 millions d’Européens n’ont pas pu chauffer normalement leur maison l’année dernière. C’est un chiffre fou quand vous y pensez. Cela signifie que vous choisissez essentiellement entre vous nourrir et avoir froid. Cette situation est totalement inacceptable. C’est pourquoi, États membres, villes, régions, Union européenne, nous devons prendre nos responsabilités. Nous devons nous assurer que le sujet soit au plus haut de l’ordre du jour. C’est le cas maintenant : je suis le premier commissaire à obtenir ce portefeuille.