Emmanuelle Cosse, la présidente nationale de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) le 6 novembre 2025, aux côtés du maire de Montpelier, Michaël Delafosse.
Cécile CHAIGNEAU
« Le modèle du logement social n’est pas à bout de souffle mais sans soutien, ce sera difficile »
A quelques mois des élections municipales et en plein débat sur le projet de loi de finances, les acteurs du logement social scrutent avec inquiétude les perspectives financières qui leur seront octroyées pour poursuivre la production de logements. Emmanuelle Cosse, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat, fait le point depuis Montpellier.
La crise du logement bat (encore) son plein. Alors que le gouvernement bataille pour faire adopter un budget d’ici la fin de l’année, et à quelques mois des élections municipales, les enjeux autour du logement social sont majeurs. En Occitanie, l’organisme Habitat Social en Occitanie (HSO, qui rassemble 67 bailleurs sociaux) organisait, le 6 novembre à Montpellier, une journée d’échange sur le modèle économique du logement social et sa pérennité dans un contexte de finances contraintes. En guest-star : Emmanuelle Cosse, la présidente nationale de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) et ancienne ministre du Logement (2016-2017).
Michel Calvo, vice-président de HSO, campe le décor : « L’économie du logement est volontairement mise en crise par le gouvernement ». Pourtant, en France, « 72 % de la population est éligible à un logement social », rappelle Jean-Marie Paris, consultant spécialiste du secteur. L’année 2024 avait déjà connu un record, mais la situation s’est encore dégradée, regrette Emmanuelle Cosse, avec désormais 2,9 millions de personnes en attente d’un logement social.
« Arrêt fort de la construction de logements, notamment privés, poursuite de l’attrition du parc locatif social… Aujourd’hui, le logement social représente quasiment la moitié de la production de logements : on ne s’en enorgueillit pas, on alerte ! », lance-t-elle.
« Le moteur qui tient »
En Occitanie, Jean-Michel Fabre, président de HSO, indique que le logement social représente « 330 000 logements sociaux, 500 000 locataires, 205 000 nouvelles demandes pour 30 000 attributions en 2024, soit 50 000 personnes » avec desbesoins « estimés à 14 000 nouveaux logements sociaux par an contre une programmation de 9 000 en moyenne ces dernières années ».
Pourtant, la programmation de logements sociaux devrait se monterà 14 000 en 2025, « ce qui est une très bonne nouvelleetmontre que les bailleurs sociaux se sont mis au tapis financièrement, en puisant dans leurs réserves, et que les collectivités locales ont fait du logement un enjeu central », se réjouit Jean-Michel Fabre.
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