L’annonce a fait l’effet d’un séisme pour la « supply chain » mondiale. UPS va supprimer 30 000 postes opérationnels supplémentaires, portant l'effort de restructuration à près de 80 000 emplois en deux ans. Presque simultanément, Amazon valide un second tour de vis de 16 000 licenciements, portant son total de « cols blancs » évincés à environ 30 000 en quelques mois. Le modèle de conquête extensive, fondé sur la saturation des réseaux par des volumes à faible marge, est officiellement déclaré obsolète par les directions générales de ces deux multinationales.
Pour UPS, l’heure est au « nettoyage » du portefeuille client. Le transporteur d'Atlanta prévoit de réduire de plus de 50 % les volumes confiés par Amazon d'ici à la mi-2026. Cette stratégie de sevrage vise un objectif : une marge d’exploitation ajustée proche de 10 %. Pour la direction, les flux liés au leader de l'e-commerce étaient devenus « extraordinairement dilutifs » pour la rentabilité globale. UPS ne veut plus être le simple sous-traitant d'un partenaire devenu son principal concurrent. Le groupe prévoit ainsi de supprimer 25 millions d’heures de travail directement liées à ces flux et de fermer au moins 24 bâtiments supplémentaires.