Après avoir relocalisé la production de paracétamol et d'amoxicilline, le laboratoire lyonnais Benta Lyon vient de s'associer à Melchior Santé Animale, jeune laboratoire lyonnais, pour relocaliser cette fois un principe actif vétérinaire qui était menacé de disparition.Les informations à retenir
BENTA LYON : LE PARI STRATÉGIQUE DE LA SANTÉ ANIMALE
5 millions d'euros sont co-investis par Benta Lyon et Melchior Santé Animale pour lancer dès l'été 2026 une ligne de production stérile inédite, marquant le pivot du site vers la biotransformation complexe à haute valeur ajoutée.
Ce partenariat sur le Locatim permettra de structurer également une filière régionale de collecte de colostrum auprès de 10 000 bovins, sécurisant ainsi un approvisionnement critique actuellement en rupture.
Cette diversification dans la pharmacie vétérinaire, couplée à l'homologation attendue du paracétamol 1g, positionne l'usine comme un hub multisectoriel dont la viabilité repose désormais sur la maîtrise de niches technologiques plutôt que sur les seuls volumes génériques.
Son annonce avait fait les manchettes en 2024. Avec son projet emblématique de relocalisation d'une unité de fabrication de paracétamol (en 500 mg) au cœur de son usine de Saint-Genis-Laval (Rhône), le laboratoire Benta Lyon (132 collaborateurs) a fait ses premières armes.
Depuis sa reprise en 2020 par le libanais Benta Pharma Industries, le site lyonnais remonte progressivement en charge et compte désormais une quinzaine de médicaments génériques en production. Mais aussi, des collaborations avec une trentaine de laboratoires partenaires en sous-traitance (Sanofi, Delbert ou encore Procter & Gamble, etc.) pour servir différents axes thérapeutiques : paracétamol, amoxicilline, sirop antitussif, médicament pour la sclérose en plaques, kétoprofène gel...
Et il ne compte pas s'arrêter là dans la relocalisation de principes actifs en tension, dont il a fait son coeur de métier : depuis plusieurs mois, Benta Lyon travaille en partenariat avec un jeune laboratoire voisin, Melchior Santé Animale, afin de relocaliser un nouveau médicament vétérinaire cette fois, visant à réduire le taux de mortalité chez les veaux nouveau-nés (Locatim).
« Vétérinaire de profession puis issu d'un parcours dans l'industrie pharma, j'ai cofondé Melchior Santé Animale en 2021 avec l'objectif de reprendre des médicaments vétérinaires supprimés par des grands groupes, notamment lorsque ceux-ci n'ont pas d'équivalents, dans l'objectif de les maintenir sur le marché français », expose Franck Dairin, son président.