Coupes budgétaires : la recherche, l’apprentissage et France 2030 mis à contribution
latribune.fr
L'exécutif doit faire face à plusieurs dépenses imprévues : la hausse de la charge de la dette, alimentée par les tensions sur les marchés, ainsi que le financement des aides accordées aux ménages et aux entreprises confrontés à l'envolée des prix de...
Pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient et financer les aides déployées face à la hausse des prix de l'énergie, le gouvernement prévoit près d'un milliard d'euros d'annulations de crédits. La recherche, l'enseignement supérieur, l'apprentissage et les investissements d'avenir figurent parmi les principaux postes touchés, tandis que les budgets des Armées et de la Justice sont préservés.
L'effort budgétaire demandé par la guerre commence à apparaître noir sur blanc dans les comptes publics. Selon deux projets de décrets transmis aux commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, et consultés par l'AFP, le gouvernement prévoit d'annuler 847 millions d'euros d'autorisations d'engagement et 954 millions d'euros de crédits de paiement afin de compenser une partie du coût économique du conflit au Moyen-Orient.
L'exécutif doit faire face à plusieurs dépenses imprévues : la hausse de la charge de la dette, alimentée par les tensions sur les marchés, ainsi que le financement des aides accordées aux ménages et aux entreprises confrontés à l'envolée des prix de l'énergie. Dans cet exercice délicat, certains ministères apparaissent davantage sollicités que d'autres.
Le ministère du Travail figure parmi les principaux contributeurs à cet effort avec 122 millions d'euros de crédits annulés. Une partie de cette réduction pourrait concerner les aides à l'apprentissage, déjà revues à la baisse dans le budget 2 026. Le cabinet du ministre du Travail assure toutefois que cet ajustement ne remet pas en cause l'objectif gouvernemental de 800 000 apprentis et représente moins de 1 % de l'effort total consacré à cette politique.
Autre poste important : les régimes sociaux et de retraite de la SNCF et de la RATP, qui voient 200 millions d'euros de crédits supprimés.
La recherche et France 2 030 touchés
La recherche et l'enseignement supérieur figurent également parmi les principaux perdants de cette opération budgétaire. Le gouvernement prévoit l'annulation de 139 millions d'euros d'autorisations d'engagement, notamment dans les programmes consacrés aux recherches scientifiques et technologiques pluridisciplinaires ainsi qu'aux formations supérieures et à la recherche universitaire.
Le plan France 2030, censé soutenir la réindustrialisation et les technologies stratégiques, est lui aussi mis à contribution. Les documents budgétaires prévoient ainsi 100 millions d'euros d'annulations de crédits de paiement, dont plus de 60 millions destinés au financement d'investissements stratégiques.
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À l'inverse, les ministères des Armées et de la Justice échappent à cet effort.
Ces annulations s'ajoutent à un gel de 3,2 milliards d'euros de crédits budgétaires réparti entre les ministères ainsi qu'à 2,2 milliards d'euros issus du gel des allègements de cotisations sociales sur les bas salaires annoncé la semaine dernière. Les commissions des finances du Parlement doivent examiner ces mesures dans les prochains jours.