Le président de la CPME, Amir Reza Tofighi, qui a la veille du vote du projet de loi de finance de la Sécurité sociale 2026, un communiqué commun avec le Medef et l’U2P, martèle les effets qu’il estime délétères d’une politique qui réduirait les allègements de cotisations sociales.Le vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 est en cours à l’Assemblée ce mardi après-midi 9 décembre. Au même moment, Amir Reza Tofighi, le président national de la CPME, est à Montpellier dans le cadre de sa tournée sur les territoires. La veille, il était à Matignon et, avec les patrons du Medef et de l'U2P, il a signé un communiqué commun dénonçant le coup de rabot prévu dans la copie sur les allégements de cotisations sociales.
Car à la baisse de 1,6 milliard d'euros déjà actée et qui doit intervenir au 1er janvier 2026, viendrait s’ajouter une deuxième réduction, de 1,5 milliard d'euros. Un ultime coup de pression au gouvernement.
« On dit qu’il faut un budget, on ne veut pas ajouter de désordre mais il ne faut pas que ce budget se fasse sur le dos des entreprises, déclare Amir Reza Tofighi. Sur le PLFSS, toutes les mesures d’économies ont sauté car on est sur un niveau zéro de courage à l’Assemblée, comme limiter les dérives sur les dépenses de santé ou l’indexation de toutes les pensions de retraite sur l’inflation… On est très vigilants et on le rappelle : raboter les allègements de charges, c’est prendre dans la poche des salariés ! »
Des allègements qui ont presque quadruplé
Le patron de la CPME déroule sa démonstration : « Une entreprise ne fait pas de magie : elle a un budget de masse salariale et si l’an prochain, il augmente en charges patronales, c’est mathématique, ce sera autant de moins pour augmenter les salaires ou pour embaucher. A force d’avoir ce logiciel d’augmenter le coût du travail, on appauvrit les actifs ! En France, le travail paie de moins en moins ! ».
Pourtant, un rapport de la Cour des comptes de mai 2025 estimait que le volume des allégements de cotisations sociales « a presque quadruplé » en dix ans, passant de 20,9 milliards d’euros en 2014 à 77,3 milliards d’euros en 2024. Les magistrats avaient, par ailleurs, évalué que les recettes fiscales collectées, censées compenser ces allègements de cotisations, n’avaient pas suivi la même dynamique, générant au fil des années un manque à gagner pour le financement de la protection sociale, estimé à 5,5 milliards d’euros en 2024.