Pour que la Sécurité sociale affiche 19,5 milliards d’euros de déficit l’an prochain, l’Etat promet un transfert de 4,5 milliards d’euros. Mais nul ne sait quels efforts sont envisagés pour financer la mesure.C’est sur un fil que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 a été voté mardi 9 décembre en début de soirée. Le texte voté par les députés porte le déficit de la Sécurité sociale à 24 milliards d’euros l’année prochaine. Pour faire baisser la note, l’État a prévu de soutenir financièrement la Sécu à hauteur de 4,5 milliards. De quoi faire atterrir le déficit à 19,5 milliards d’euros. En dessous de la cible de 20 milliards d'euros fixée par le gouvernement.
Mais pourquoi 4,5 milliards d’euros ? « Cette somme correspond d’une part à la compensation des exonérations sur les heures supplémentaires pour 2,5 milliards d’euros et, d’autre part, au produit de la réforme des allègements généraux de cotisations sociales pour 2 milliards d’euros », indique la CFDT sollicitée par La Tribune. Une analyse confirmée par le cabinet de la ministre de l’Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin.
Cette réforme des allègements généraux consiste en la réduction des exonérations de cotisations sociales, prévues dans le budget de la Sécu de 2025 qui permettaient de gagner 1,6 milliard d'euros la première année. Le gouvernement avait alors établi qu'un deuxième dispositif entrerait en vigueur en 2026 sur les salaires inférieurs à trois fois le SMIC avec une réduction dégressive unique de ces exonérations de cotisations.
Ces transferts en direction de la Sécurité sociale vont devoir se matérialiser dans le projet de loi de finances (PLF), actuellement discuté au Sénat, « dans les crédits du ministère du Travail pour les heures supplémentaires et dans la part de TVA transférée à la Sécurité sociale pour les allègements généraux de cotisations », précise-t-on à Bercy.