Après plus d'une semaine d'examen du projet de loi de finances, l'Assemblée nationale n'est toujours pas parvenue à un consensus. Entre des mesures votées mais inapplicables, un calendrier impossible à tenir et des négociations difficiles avec Matignon, l'adoption d'un budget avant le 31 décembre paraît improbable.Ce lundi 3 novembre, l’Assemblée nationale met en pause, pour quelques jours, les débats sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Ces derniers devraient reprendre dès la semaine suivante, le jeudi 13 novembre, et se poursuivre jusqu’au dimanche 23 novembre. Une date qui marquera la fin du délai constitutionnel des 40 jours dévolus à l’examen du texte par le Palais-Bourbon.
Avant l’arrêt provisoire des discussions, le gouvernement a convié, à la mi-journée, l’ensemble des 11 groupes parlementaires au ministère des Relations avec le Parlement. Avec l’objectif avoué, vendredi 31 octobre, par le Premier ministre Sébastien Lecornu « d’essayer de se mettre d’accord sur les grands principes de l’atterrissage d’un texte pour la Sécurité sociale et pour le projet de loi de finances ».
Une rencontre sans la gauche
Mais si le Rassemblement national (RN), Les Républicains (LR), Horizons et l’Union des droites pour la République (UDR) ont répondu favorablement à l’invitation, toute la gauche – des socialistes aux insoumis – a décliné. C’est donc seules que la droite et l’extrême droite ont pu échanger avec une équipe ministérielle garnie de 7 membres : Amélie de Montchalin (Comptes publics), Roland Lescure (Économie), Stéphanie Rist (Santé), Jean-Pierre Farandou (Travail), David Amiel (Fonction publique), Charlotte Parmentier-Lecocq (Handicap) et Laurent Panifous (Relations avec le Parlement).
Sans réelle surprise, cette rencontre n’a donné lieu à aucune annonce notable à la sortie. « Le gouvernement essaie surtout de minimiser l’impact des folies fiscales qui ont été votées la semaine dernière, réagit le député Les Républicains Jean-Didier Berger présent autour de la table. Il nous dit qu’elles seront inopérantes voire censurées par le Conseil constitutionnel. » Un discours qui déconcerte l’élu des Hauts-de-Seine. « C’est une méthode assez baroque », déplore-t-il auprès de La Tribune.