La ministre des Finances britannique Rachel Reeves répond aux questions des journalistes après un discours prononcé dans la salle de presse du 9 Downing Street, le 4 novembre 2025, à l'approche du prochain budget.
via REUTERS - AFP or licensors - JUSTIN TALLIS
La violente cyberattaque ayant paralysé Jaguar Land Rover pendant un mois n’a pas seulement perturbé la production automobile britannique : elle a freiné l’ensemble de l’économie du pays. Au troisième trimestre, la croissance du Royaume-Uni a marqué le pas, tandis que l’attaque a amputé à elle seule le PIB de septembre.
Si parfois un seul battement d’ailes d’un papillon peut avoir pour effet le déclenchement d’une tornade, au Royaume-Uni, une cyberattaque sur un constructeur automobile peut provoquer une contraction du PIB. Jeudi, l’Office national des statistiques (ONS), a annoncé que l’activité économique britannique a marqué le pas au troisième trimestre, le PIB ne progressant que de 0,1%, une croissance inférieure aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur 0,2%.
Le PIB britannique s’est même contracté de 0,1% en septembre. Explication donnée par l’ONS : la violente cyberattaque qui a contraint le constructeur Jaguar Land Rover (JLR) à arrêter sa production pendant un mois, affectant également sa chaîne de production. Ces événements ont amputé la croissance de 0,17 point en septembre, selon l’ONS.
« Les chiffres de ce trimestre reflètent clairement ce qui s’est passé chez Jaguar Land Rover : une cyberattaque massive, la plus grande que ce pays ait jamais connue. En conséquence, la production automobile a chuté de presque 30 % en septembre », a déclaré la ministre des Finances Rachel Reeves.
Un coût de plus de 2 milliards d’euros
JLR, détenu par l’Indien Tata Motors (TAMO.NS), possède trois usines au Royaume-Uni, qui produisent ensemble environ 1 000 voitures par jour.
La cyberattaque a coûté à l’économie britannique environ 1,9 milliard de livres (2,2 milliards d’euros) et a touché plus de 5 000 organisations, selon un organisme indépendant de cybersécurité, qui a publié un rapport le mois dernier.
Révélée le 2 septembre, la cyberattaque avait contraint JLR à fermer ses systèmes informatiques et à interrompre ses opérations de production dans le monde entier, y compris dans ses trois usines britanniques. La production n’a pu redémarrer que début octobre, mettant la pression sur le constructeur et nombre de ses fournisseurs.
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Détenu par le groupe indien Tata Motors, JLR, qui emploie 34 000 personnes au Royaume-Uni, avait reçu fin septembre le soutien du gouvernement britannique, via une garantie de prêt lui permettant de débloquer jusqu’à 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d’euros). Ce soutien était destiné à venir en aide à sa chaîne de production, la plus grande du secteur automobile britannique, composée en grande partie de PME et qui emploie environ 120 000 personnes.