De la fumée s'élève tandis que des manifestants se rassemblent sur l'autoroute Vakilabad, à Machhad, dans la province de Razavi Khorasan, en Iran. Une photo prise samedi 10 janvier.
via REUTERS - SOCIAL MEDIA
Au moins 192 manifestants ont été tués en deux semaines de contestation en Iran, selon l’ONG Iran Human Rights. Un chiffre en forte hausse par rapport au précédent bilan de 51 morts, que l’organisation, basée en Norvège, juge probablement sous-estimé.
Sur fond de coupure d’internet, la crise prend en Iran une dimension diplomatique et sécuritaire, avec des mises en garde venues d’Israël, de Washington et de Téhéran.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a ainsi estimé dimanche que « l’heure est venue » pour l’Union européenne de qualifier les Gardiens de la Révolution d’organisation terroriste, alors que la République islamique est soupçonnée de réprimer violemment les manifestations. « Telle est depuis longtemps la position de l’Allemagne », a-t-il affirmé sur X, à l’issue d’échanges avec le ministre allemand de l’Intérieur Alexander Dobrindt, en visite en Israël.
À Téhéran, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf a averti que l’Iran viserait des sites de l’armée américaine et le transport maritime des États-Unis en cas de frappes contre le pays. S’exprimant devant l’hémicycle, il a également évoqué les « territoires occupés » comme des « cibles légitimes », une référence apparente à Israël, que la République islamique ne reconnaît pas.
La coupure d'Internet toujours en place
Il répondait au président américain Donald Trump a répété que les États-Unis frapperaient « très fort » l’Iran en cas de répression meurtrière des manifestations. Samedi, il a aussi déclaré que l’Iran « aspirait à la liberté » et que Washington se tenait « prêt à aider », alors que le mouvement de contestation prend de l’ampleur.
Sur le terrain, la coupure nationale d’internet, décidée jeudi, est toujours en place. L’ONG NetBlocks indiquait dimanche midi qu’elle se prolonge depuis plus de 60 heures, dénonçant une mesure de censure constituant « une menace directe pour la sécurité et le bien-être des Iraniens ».
Malgré cet isolement numérique et la répression, de nouvelles manifestations ont éclaté samedi soir, notamment dans un quartier du nord de Téhéran. Une vidéo authentifiée par l’AFP montre des feux d’artifice tirés au-dessus de la place Punak, des manifestants frappant des casseroles et scandant des slogans en soutien à la dynastie Pahlavi, renversée par la Révolution islamique de 1979.
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« L'Iran aspire à la liberté, comme peut-être jamais auparavant. Les Etats-Unis se tiennent prêts à aider!!! », a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social.