Groenland, Cuba, Colombie, Iran… Donald Trump intensifie ses menaces après l'intervention au Venezuela
latribune.fr
Le président Donald Trump a justifié samedi l'opération de capture de son homologue vénézuélien par la nécessité de restaurer la suprématie incontestée des États-Unis sur l'ensemble des Amériques.
/FW1FP/Shri Navaratnam - via REUTERS - @realDonaldTrump
Après l'extradition du Vénézuélien Nicolás Maduro, le président américain a estimé qu'il sera difficile pour Cuba de « tenir le coup ». Il a également mis la pression sur l'Iran, la Colombie et sur le Groenland, territoire appartenant au Danemark.
La politique internationale du président américain a pris un nouveau tournant. Samedi, les États-Unis ont exfiltré le président vénézuélien Nicolas Maduro. En détention à New York depuis samedi soir, le président déchu doit répondre de quatre chefs d'accusation de trafic de drogue ainsi que de détention d'armes automatiques. Sa comparution initiale est prévue à partir de ce matin à New York (cet après-midi en France).
Le président Donald Trump a justifié samedi l'opération de capture de son homologue vénézuélien par la nécessité de restaurer la suprématie incontestée des États-Unis sur l'ensemble des Amériques. Il a présenté cette opération nocturne à Caracas, la capitale du Venezuela, comme une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, il y a plus d'un siècle, considérant que l'Amérique latine est la chasse gardée des États-Unis.
Mais la capture du président vénézuélien ne relève pas seulement de considérations politiques. Donald Trump n'a pas caché son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde. Le président américain a même affirmé qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à exploiter l'or noir du Venezuela, qui vend son pétrole de mauvaise qualité sur le marché noir à destination notamment de la Chine.
Peu après l'intervention au Venezuela, le président américain a multiplié les menaces à l’encontre d’autres pays, notamment de Cuba, du Groenland, de la Colombie et de l’Iran.
Cuba touchée par le coup au Venezuela
S’il a minimisé le besoin d’une intervention militaire à Cuba, Donald Trump a tout de même affirmé dimanche que l’île était « prête à tomber ». « Je ne pense pas que nous ayons besoin d'agir. Il semble que tout s'écroule », a-t-il ajouté. D’après lui, il sera difficile pour Cuba de « tenir le coup » sans les revenus issus du pétrole vénézuélien. En effet, le Venezuela est le principal fournisseur de pétrole de Cuba, en échange notamment de l'envoi de personnel médical.
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Les deux pays entretiennent d'étroites relations depuis la fin des années 1990 et l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez (1999-2013). En 2002, une tentative de coup d'État contre le dirigeant vénézuélien a précipité l'incursion des Cubains dans les affaires militaires du pays afin de consolider son pouvoir.
L'île est surtout engluée depuis cinq ans dans une profonde crise économique marquée par un grave déficit de devises, des pénuries de carburant et des coupures d'électricité récurrentes sous l'effet conjugué d'un renforcement des sanctions américaines, des faiblesses structurelles de son économie centralisée et d'une chute du tourisme. Le coup au Venezuela risque de fragiliser davantage la situation économique du pays.
Donald Trump a aussi déclaré dimanche à bord d'Air Force One qu'une opération en Colombie similaire à celle menée au Venezuela lui paraissait « une bonne idée »et a accusé Gustavo Petro de trafic de drogue vers les États-Unis, avertissant qu'il « ne le ferait plus très longtemps ».
Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, les deux dirigeants s'affrontent régulièrement sur des questions comme les droits de douane, ou la politique migratoire. La Colombie, pays frontalier du Venezuela, et les États-Unis sont des alliés militaires et économiques clés dans la région, mais leurs relations sont aujourd'hui au plus bas.
Le Groenland en ligne de mire
Le lendemain de l'intervention au Venezuela, le président américain a une nouvelle fois menacé le Groenland. « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper », a réaffirmé le président américain aux journalistes à bord d'Air Force One dimanche soir. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… Parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il ajouté.
La Première ministre danoise a rappelé que le Royaume du Danemark, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, « fait partie de l'OTAN et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l'Alliance ». Le Danemark est, par ailleurs, un allié historique et traditionnel des États-Unis, se fournissant largement auprès de Washington pour son armement.
Outre la sécurité nationale, le Groenland présenterait un tout autre intérêt pour le président américain, à l'heure où augmente la demande pour les métaux et minéraux. Dans la course aux ressources inexploitées, le Groenland pourrait faire figure d'eldorado, en dépit d'un environnement polaire inhospitalier et d'infrastructures balbutiantes. Le territoire possède 36,1 millions de tonnes de ressources de terres rares, ces métaux aux propriétés particulières contenus dans des minerais, selon le Service national de géologie du Danemark et du Groenland (GEUS). Les réserves, qui correspondent aux ressources économiquement et techniquement récupérables, sont, elles, de l'ordre de 1,5 million de tonnes, selon un récent rapport de l'Institut géologique américain (USGS).
La tension monte également du côté du Moyen-Orient avec l’Iran alors que des affrontements ont opposé ce week-end manifestants et forces de l'ordre dans le pays. Donald Trump a menacé dimanche de « frapper » l'Iran en cas de nouveaux morts civils, après une semaine d'un mouvement de protestation initié par des revendications économiques.
Des menaces sur Téhéran qui pourraient davantage inquiéter les marchés que le coup au Venezuela, la production d’or noir du pays étant plus importante.