Covid-19 : Washington accuse Berlin de « poursuites politiques » contre médecins et patients
latribune.fr
Selon John Robert Kennedy J, plus de 1 000 médecins allemands feraient l'objet de poursuites pour avoir délivré des exemptions au port du masque ou à la vaccination, ainsi que des milliers de patients concernés par ces certificats.
Le ministre américain de la Santé a accusé l’Allemagne de mener des poursuites judiciaires « politiquement motivées » contre des médecins et des patients liés à la gestion de la pandémie de Covid-19. Des accusations fermement rejetées par Berlin, dans un contexte de tensions croissantes entre l’administration Trump et plusieurs capitales européennes.
Le ton est monté d’un cran entre Washington et Berlin. Dans une vidéo publiée samedi sur le réseau social X, le ministre américain de la Santé, John Robert Kennedy Jr, affirme avoir adressé une lettre à son homologue allemande, Nina Warken, afin de demander la fin de ce qu’il qualifie de « poursuites motivées politiquement » liées à la pandémie de Covid-19.
Selon le responsable américain, plus de 1 000 médecins allemands feraient l’objet de poursuites pour avoir délivré des exemptions au port du masque ou à la vaccination, ainsi que des milliers de patients concernés par ces certificats. « Le gouvernement allemand viole désormais la relation sacrée entre le patient et le médecin, la remplaçant par un système dangereux », dénonce-t-il dans la vidéo. « Aucune démocratie fondée sur la confiance et la transparence ne devrait aller dans cette direction », ajoute le ministre américain, connu pour ses positions vaccinosceptiques.
Dans le message accompagnant la publication, John Robert Kennedy Jr a par ailleurs écorché le nom de la ministre allemande, orthographiant « Workin » au lieu de « Warken ».
Berlin renvoie les États-Unis à ses problèmes
La réponse allemande n’a pas tardé. « Les déclarations du ministre américain de la Santé sont dénuées de tout fondement, factuellement erronées et doivent être rejetées », a répliqué Nina Warken dans un communiqué publié samedi. La ministre conservatrice rappelle que, durant la pandémie, les médecins opposés à la vaccination « n’étaient pas passibles de sanctions pénales », ni d’interdiction d’exercer ni d’amendes.
Selon Berlin, seules des infractions relevant de la falsification de documents — faux carnets de vaccination ou certificats frauduleux de non-port du masque — ont donné lieu à des poursuites judiciaires, indépendamment des opinions médicales ou politiques des praticiens concernés.
Cette polémique intervient dans un contexte de dégradation progressive des relations entre Berlin et Washington depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. L’administration américaine a à plusieurs reprises affiché son soutien au principal parti d’opposition allemand, l’Alternative für Deutschland (AfD), formation d’extrême droite à la ligne prorusse, anti-immigration et très critique de l’Union européenne.
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Washington a également accusé plusieurs capitales européennes de porter atteinte à la liberté d’expression, des accusations que ces dernières rejettent comme des tentatives d’ingérence politique.
Ancien ministre allemand de la Santé durant la pandémie, le social-démocrate Karl Lauterbach a réagi vivement sur X. « John Robert Kennedy Jr devrait s’occuper des problèmes de santé dans son propre pays », a-t-il écrit, évoquant une espérance de vie plus faible, des coûts de santé élevés et « des dizaines de milliers de décès liés à la drogue et aux violences » aux États-Unis.