« Takaichi trade » : le pari qui affole les traders et la Bourse du Japon

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, pourrait obtenir une majorité au Parlement.
Yoshio Tsunoda/AFLO/Reuters

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, pourrait obtenir une majorité au Parlement.
Yoshio Tsunoda/AFLO/Reuters
Cette nuit, tous les regards se sont tournés vers le Japon. Avec deux mots sur les lèvres de tous les investisseurs : le « Takaichi trade ». Explications.
Qu’est-ce que le « Takaichi Trade » ?
Ce terme vient de Sanae Takaichi, la première femme Première ministre de l'histoire du Japon. La cheffe du gouvernement bénéficie d’une forte popularité (62 % d'opinions favorables, selon un dernier sondage publié mardi) depuis son entrée en fonction en octobre dernier. Et surtout, elle est partisane d'une politique budgétaire expansionniste et prépare un important plan de relance, évalué à plus de 20 000 milliards de yens (soit environ 110 milliards d’euros), pour soutenir l’économie.
Une perspective défavorable pour le yen et les obligations d’État, mais très positive pour les actions.
Pourquoi en parle-t-on maintenant ?
Le yen a perdu près de 1 % cette nuit quand les actions japonaises ont bondi de plus de 3 % pour atteindre de nouveaux records après la réouverture des marchés. En parallèle, le rendement des obligations d’État à 10 ans a bondi à 2,14 %, un niveau inédit depuis 1999.
Cette forte hausse fait suite à plusieurs articles de presse parus durant le week-end, indiquant que Sanae Takaichi envisage de dissoudre la Chambre basse lors de la reprise de la session parlementaire ordinaire le 23 janvier.
Selon les médias japonais et les rumeurs de marché, des élections seraient organisées entre le 8 ou le 15 février.
Quelles conséquences pour l’économie japonaise ?
Si la Première ministre remporte une majorité législative, elle aurait alors toute la latitude de mettre en place son programme. « Des secteurs comme les infrastructures, l'intelligence artificielle, l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs, l'énergie et le nucléaire sont autant d'éléments qui devraient bénéficier de la situation », explique Louis Chua, analyste spécialiste des actions asiatiques chez Julius Baer, au micro de Morningstar.
Mais après une forte hausse des indices japonais, certains experts de la finance commencent à parler d’une potentielle correction à venir dans les prochains mois. « Si l’euphorie boursière est réelle, l’incertitude politique liée à une élection anticipée pourrait, à terme, refroidir les ardeurs si les réformes structurelles ne suivent pas les promesses de dépenses », met en garde John Plassard de Cité Gestion.
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