Le Japon approuve un budget record de 665 milliards d’euros
latribune.fr

Le gouvernement japonais a approuvé vendredi 26 décembre un budget record de 665 milliards d'euros.
IK - REUTERS - Issei Kato
latribune.fr

Le gouvernement japonais a approuvé vendredi 26 décembre un budget record de 665 milliards d'euros.
IK - REUTERS - Issei Kato
Le gouvernement japonais a approuvé vendredi 26 décembre un budget record pour financer aussi bien l'augmentation des dépenses de défense que la hausse des coûts de sécurité sociale, alors que l'inflation tenace continue de peser sur la consommation. Le projet de budget doit encore être approuvé par le Parlement.
Ce budget de 122 300 milliards de yens, soit environ 665 milliards d'euros, pour l'exercice qui débutera le 1er avril 2026 prévoit quelque 9 000 milliards de yens pour la défense, la Première ministre Sanae Takaichi souhaitant accélérer la modernisation militaire du pays face à la détérioration des relations avec la Chine.
Le ministère de la Défense a estimé que « le Japon fait face à l'environnement sécuritaire le plus grave et complexe depuis la fin de la guerre », soulignant la nécessité de « renforcer fondamentalement » ses capacités de défense.
Ces dernières années, le Japon a peu à peu délaissé sa stricte posture pacifiste, se dotant de capacités de « contre-attaque » et doublant ses dépenses militaires pour atteindre 2 % du PIB.
Ce projet de budget intervient aussi alors que la Chine et le Japon sont enlisés dans une querelle à la suite de la suggestion, en novembre, de Mme Takaichi selon laquelle Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d’attaque contre Taïwan. Pékin revendique l'île comme partie intégrante de son territoire et n'exclut pas de s'en emparer par la force.
Le budget inclut 100 milliards de yens pour le système côtier dit « SHIELD » , conçu pour mobiliser des drones face à une éventuelle invasion de troupes étrangères.
Le Japon espère que SHIELD sera achevé d'ici mars 2028, sans précision pour l'instant sur la portion du littoral concernée.
Les marchés s'inquiètent des dépenses massives du gouvernement Takaichi, susceptibles d'alourdir une dette publique japonaise qui devrait déjà dépasser 232 % du PIB en 2025 selon le Fonds monétaire international (FMI).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Début décembre, le Parlement a approuvé un important budget supplémentaire pour financer un plan de relance de plus de 100 milliards d'euros, ce qui a fait chuter le yen et bondir le rendement des obligations d'État japonaises.
Mme Takaichi défend ces dépenses publiques importantes pour stimuler la croissance économique.
Dans un entretien mardi 23 décembre avec le quotidien économique Nikkei, la dirigeante a réaffirmé son engagement envers la santé financière du pays, rejetant toute « émission irresponsable d'obligations ou baisse d'impôts ».
La taille actuelle du budget ne devrait pas surprendre le marché obligataire, a estimé Takahide Kiuchi, économiste de l'institut de recherches Nomura. Mais une hausse trop importante « aggraverait la tourmente sur le marché obligataire, déjà en mode crise ». « Si la chute du yen et du prix des obligations accélère en raison de la taille du budget, cela accentuerait les inquiétudes quant aux effets négatifs sur l'économie et la vie des Japonais. ». Un yen faible renchérit le coût des importations pour le Japon, dont le pays dépend pour les produits alimentaires, l'énergie et les matières premières.
Certains observateurs ont établi des parallèles avec la tourmente du marché obligataire britannique en 2022 sous la Première ministre de l’époque, Liz Truss.
Mme Takaichi est arrivée au pouvoir en octobre avec la promesse de combattre l’inflation après la colère suscitée par la hausse des prix. L'autre défi du Japon est le vieillissement de sa population, dû à des taux de natalité chroniquement bas et à une politique d’immigration prudente.
(avec Agences).
latribune.fr