Cette visite de Donald Trump en Chine sera la première d’un président américain depuis celle que le dirigeant républicain avait lui-même effectuée en 2017 (photo d'illustration).
Comme lors de sa dernière – et unique – visite en Chine en tant que président des États-Unis, Donald Trump sera accompagné de plusieurs chefs et cheffes d’entreprises américaines qui espèrent tirer parti de ce séjour pour renforcer leur position sur le marché chinois.
Ils seront 17. Quinze patrons et deux patronnes d’entreprises américaines accompagneront Donald Trump lors de sa visite en Chine, prévue de ce mercredi à vendredi.
Le président américain n’a pas remis les pieds à Pékin depuis son premier et unique déplacement officiel dans la Cité impériale en novembre 2017. À cette époque, il s’était entouré de 29 dirigeants d’entreprises américaines. Et autant dire qu’ils n’avaient pas fait le déplacement pour rien : différents accords commerciaux avaient été signés pour un montant total de plus de 250 milliards de dollars – bien que tous n'aient pas été des contrats fermes et que certaines annonces correspondaient à des accords conclus précédemment.
Près de dix ans plus tard, cette nouvelle visite a aussi une portée économique. Car le marché chinois s’avère crucial pour de nombreuses entreprises américaines, qui espèrent tirer parti de ce séjour pour y renforcer leur position.
La tech en force
Les patrons de la tech seront évidemment au rendez-vous. Notamment Tim Cook, à la tête d’Apple pour encore quatre petits mois. Le géant technologique le plus valorisé au monde réalise près d’un sixième (15,5 %) de ses ventes en Chine – son dernier smartphone, l’iPhone 17, s’y vend d’ailleurs particulièrement bien. Elles ont atteint 64,5 milliards de dollars sur l’année 2025, sur un total de 416 milliards tous marchés confondus.
À ses côtés, Dina Powell McCormick, récemment nommée présidente de Meta. La maison-mère de Facebook et Instagram, entre autres, réalise plus du quart (27 %) de son chiffre d’affaires dans la région Asie-Pacifique, soit 53,8 milliards de dollars sur 200 milliards de dollars en 2025. Ce, alors que « plusieurs de [ses] produits ne sont généralement pas disponibles en Chine », est-il indiqué dans son rapport 10-K.
Celui qui a beaucoup à gagner de cette visite en Chine, c’est Cristiano Amon, le directeur général et président de Qualcomm. Car c’est sur le marché chinois que ce spécialiste des composants électroniques réalise ses plus grosses ventes. 46 % en 2025 (20,4 milliards sur 44,3 milliards de dollars), soit près du double comparé au marché américain (10,5 milliards de dollars, 24 %).
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Le prédécesseur de Cristiano Amon, Steve Mollenkopf, était déjà du voyage en 2017. Il était reparti de Pékin avec des protocoles d’accords signés avec trois producteurs de smartphones chinois (Xiaomi, Oppo et Vivo).
Le dirigeant de Micron, Sanjay Mehrotra, sera aussi de la partie. Même si la Chine représente « seulement » 7 % de son chiffre d’affaires. Sur ses 37,4 milliards de dollars de revenus en 2025, le fabricant de puces en a dégagé 2,6 milliards de dollars grâce au marché chinois.
Rebondissement de dernière minute : Jensen Huang, PDG de Nvidia, pourtant pas inscrit sur la liste de la Maison Blanche, a rejoint la délégation. Aucune raison officielle n’avait été donnée quant à l'absence du nom de ce proche de Donald Trump mais, comme le rappelle The Guardian, il a récemment critiqué, lors d’une interview en avril, les restrictions américaines sur les ventes de puces à la Chine.
Un absent est à relever. Chuck Robbins, le patron du spécialiste des réseaux de communication Cisco, a décliné l’invitation en raison des résultats financiers de son entreprise, indique le Wall Street Journal.
Boeing espère gros
Comme en 2017, le patron de Boeing sera aux côtés de Donald Trump. Kevin McAllister a depuis cédé son fauteuil à Kelly Ortberg, qui nourrit l’espoir de conclure le plus gros contrat commercial de l’histoire de son groupe avec la Chine. Des médias américains évoquent en effet depuis plusieurs mois une commande potentielle chinoise d’environ 500 avions 737 MAX et d'une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777).
« La Chine représente un marché important pour les avions commerciaux », peut-on lire dans le rapport 10-K 2025 de Boeing. Cette année-là, l’avionneur a réalisé 16,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires en Asie – sans plus de détails – soit 18,5 % de quelque 89,5 milliards de dollars.
De bons résultats qui pâtissent néanmoins des difficiles relations entre les États-Unis et la Chine. « De manière générale, les relations commerciales sino-américaines sont mises à rude épreuve par les droits de douane, les sanctions et les restrictions à l'exportation, ainsi que par d'autres préoccupations économiques et de sécurité nationale », est-il précisé dans le document de Boeing, confirmant son intérêt pour une amélioration de la situation. D’autant plus que la Chine devrait devenir le premier marché aéronautique mondial au cours des deux prochaines décennies, relève le média spécialisé Simple Flying. Et que son concurrent européen, Airbus, a récemment enregistré de grosses commandes d’avions de la part de la Chine et profite d’une position dominante sur le marché chinois.
Le secteur aérospatial sera aussi représenté par GE Aerospace et son dirigeant Larry Culp. Derrière le marché américain, qui représente près de 40 % de ses ventes, c’est sur le marché asiatique – sans plus de précisions – que le groupe aéronautique enregistre son plus gros chiffre d’affaires (23,5 % soit 10,8 milliards sur un total de 45,9 milliards de dollars en 2025).
Retour en grâce d’Elon Musk ?
Le nom d’Elon Musk est aussi inscrit sur la liste des invités de Donald Trump. Les deux milliardaires ont un temps été très proches, le premier s’impliquant grandement dans la course à la présidentielle du second avant de faire partie de son administration pendant quelques mois. Leurs joutes verbales les ont par la suite tenus éloignés, ce qui semble appartenir au passé.
La marque automobile d’Elon Musk, Tesla, réalise une grande partie de ses ventes en Chine. 21 milliards de dollars sur un total de 94,8 milliards en 2025 (22 %). Un niveau stable depuis trois ans, ce qui ne l’a pas empêché de perdre l’année dernière le rang de leader mondial des ventes de véhicules tout électriques au profit de BYD, son rival… chinois.
Le reste de la délégation de chefs d’entreprises américaines se compose de plusieurs gros noms de l’industrie financière. Dont Larry Fink, à la tête de Blackrock, plus gros gestionnaire d'actifs au monde, Stephen Schwarzman du fonds d'investissement Blackstone ou encore David Solomon de la banque d'affaires Goldman Sachs. Sans oublier les patrons de Citi, Mastercard et Visa.
Le PDG de l'agro-industriel Cargill, Brian Sikes, sera aussi de la partie. Tout comme Jim Anderson de Coherent, fabricant de matériaux optiques et de semi-conducteurs, et Jacob Thaysen d’Illumina, société de biotechnologies.