Accord de libre-échange entre la Nouvelle-Zélande et l'Inde : New Dheli lève le tabou du lait

Le Premier ministre indien, Narendra Modi.
/FW1FP/Alison Williams - REUTERS - REUTERS - Issei Kato

Le Premier ministre indien, Narendra Modi.
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C'est une première entre Wellington et New Dehli. La Nouvelle-Zélande a rapporté lundi avoir conclu un accord de libre-échange avec l’Inde supprimant les droits de douane sur 95 % des exportations du pays du Pacifique.
Parmi ces « opportunités » figure une réduction des droits de douane sur les produits laitiers — lesquels varient actuellement de 30 % à 60 % — qui pourrait générer 1 à 2 milliards de dollars pour les entreprises laitières néo-zélandaises, selon la plateforme d'investissement boursier AInvest. Avec cet accord, l'Inde met fin à quinze ans de blocage commercial autour de ce point d'achoppement, comme le souligne le quotidien économique indien The Economic Times.
Jusqu'ici, New Delhi n'importait en effet que très peu de produits laitiers de Nouvelle-Zélande (seulement 0,57 million de dollars) afin de protéger ce secteur, qui constitue le gagne-pain de 70 millions de petits agriculteurs indiens, selon The Economic Times.
Désormais, l'Inde utilise les produits laitiers comme stratégie diplomatique. « L'Inde peut isoler le secteur laitier, politiquement sensible, et la plupart des produits agricoles », explique Ajay Srivastava, expert en commerce international au sein de la Global Trade Research Initiative, cité par The Economic Times. « La Nouvelle-Zélande peut se voir attribuer des quotas limités pour les produits laitiers à valeur ajoutée comme le lactosérum et le fromage, à l'exclusion des produits bruts ou à faible valeur ajoutée, afin de ne pas pénaliser les petits exploitants. »
Par ailleurs, « les atouts de la Nouvelle-Zélande en matière de technologie laitière, de génétique, de nutrition animale et d'agriculture de précision offrent des perspectives de coentreprises sans pour autant ouvrir l'Inde aux importations de produits laitiers bruts. »
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Outre les produits laitiers, l’accord de libre-échange prévoit une procédure d’entrée simplifiée en Nouvelle-Zélande pour certains travailleurs indiens, notamment 1 667 visas de travail temporaires par an pour les secteurs des technologies de l’information et des communications, de l’ingénierie et de certains services de santé. Il comprend également un programme vacances-travail permettant à 1 000 personnes âgées de 18 à 30 ans de participer, et autorise les étudiants indiens à travailler jusqu’à 20 heures par semaine.
À l'origine de cet accord, la coalition dirigée par le Parti national conservateur de Nouvelle-Zélande a promis en 2024 qu’elle négocierait avec l’Inde, après que le précédent gouvernement travailliste, orienté à gauche, n’a pas réussi à en conclure un. Mais le parti New Zealand First, qui fait partie de la coalition gouvernementale, est critique de ce pacte.
Pour le ministre des Affaires étrangères Winston Peters, également chef du parti New Zealand First, ce pacte n'est « ni libre ni juste ». « Malheureusement, c’est une mauvaise affaire pour la Nouvelle-Zélande. Elle cède trop, surtout en matière d’immigration, et n’obtient pas assez en retour pour les Néo-Zélandais, notamment concernant les produits laitiers. »
« New Zealand First a exhorté son partenaire de coalition à ne pas se précipiter pour conclure un accord de piètre qualité avec l’Inde », a déclaré Winston Peters. « Malheureusement, ces appels n’ont pas été entendus. »
Pourtant, selon le ministre du Commerce Todd McClay McClay, l'accord garantit à la Nouvelle-Zélande des travailleurs pour le tourisme et le secteur rural. « Le commerce fait croître l’économie et crée des emplois, l’accord de libre-échange Nouvelle-Zélande–Inde vise à pérenniser les opportunités pour nos exportateurs et à permettre aux entreprises néo-zélandaises de continuer à dépasser leur poids sur la scène mondiale », a-t-il ajouté.
(Avec AFP)