Le Sénat, dominé par la droite et le centre, a voté la réduction de 700 millions d’euros de l’Aide publique au développement (APD) dans le budget 2026, portant le montant alloué à 3,7 milliards d’euros. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, met en garde contre des « conséquences substantielles » sur l’aide humanitaire en zones de crise et un effritement du rayonnement de Paris.
L’alliance de la droite et des centristes a imposé une coupe nette de 700 millions d’euros dans l’enveloppe de l’aide publique au développement (APD) prévue par le projet de loi de finances (PLF) 2026. Cette décision s’inscrit dans une dynamique de réduction de l’APD française déjà observée au cours des dernières années.
Le montant total de l’aide se retrouve ainsi fixé à 3,7 milliards d’euros. Fin novembre, avant ce vote, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) majeures, dont Médecins du Monde et Plan International France, avaient déjà exprimé leur vive inquiétude face à ce qu’elles qualifient de « désengagement croissant » de Paris en matière de solidarité internationale.
La menace d’une perte d’influence stratégique
Le gouvernement, par la voix du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a pourtant tenté de faire barrage à l’ampleur de ces coupes. Le ministre a souligné que des réductions supplémentaires, même les 200 millions d’euros supplémentaires envisagés par la commission des Finances du Sénat et finalement rejetés, « entraîneraient inévitablement des conséquences substantielles ».
Le ministre a été précis sur les zones à risque. Il anticipe « moins d’aide humanitaire » pour des foyers de tension majeurs comme Gaza, l’Ukraine et le Soudan. Au-delà de l’impact humanitaire direct, le ministre alerte sur un enjeu plus stratégique pour la France : une perte d’influence française sur la scène internationale.
Le rôle central des associations de terrain
Malgré l’opposition du gouvernement, les sénateurs ont adopté d’autres amendements portant sur une réallocation des crédits. Ces modifications, défendues notamment par le groupe LR, le groupe radical RDSE et le groupe RDPI (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants), visent à flécher certains fonds, sans charge additionnelle, en direction des associations de la société civile française.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Les promoteurs de ces amendements mettent en avant l’efficacité de ces structures. Ils rappellent que les coupes budgétaires précédentes ont déjà contraint les associations françaises à licencier 9 000 postes. Or, selon eux, ces organisations « basées sur le volontariat » constituent un canal d’exécution de l’APD efficient.
Ces acteurs humanitaires sont souvent les « seuls opérateurs de terrain dans des zones reculées », selon les auteurs des amendements. Leur action est perçue comme un vecteur essentiel, véhiculant une image positive et solidaire de la France là où l’action étatique est plus difficile à déployer.
Un budget dédié contre le crime organisé
Dans le cadre de cet examen budgétaire, les sénateurs ont également marqué leur priorité sur la sécurité et la lutte contre les flux illicites. Ils se sont prononcés en faveur de la création d’une enveloppe spécifique dédiée au financement d’actions de lutte contre le narcotrafic et le crime organisé.
Il est important de noter que ces différents votes effectués au Sénat ne sont pas définitifs. L’examen du budget se poursuit désormais au Parlement et les mesures adoptées en première lecture pourront être à nouveau modifiées d’ici la seconde moitié du mois de décembre, date de l’adoption finale.