L’industrie française des produits de beauté tremble à la perspective d’une augmentation des droits de douane américains, le 9 juillet.
L'Oréal, Chanel et consorts attendent l'échéance avec une certaine fébrilité. La cosmétique française qui présente un excédent commercial de plus 2 milliards d'euros avec les États-Unis sera, à n'en pas douter, l'un des premiers secteurs à souffrir si Donald Trump met à exécution sa menace de surtaxes douanières le 9 juillet. Le choc, s'il survient effectivement, pourrait être sévère.
Le pays de l'Oncle Sam reste, en effet, le premier marché étranger hors Europe des industriels de la beauté hexagonaux, champions mondiaux de la discipline dont ils maîtrisent toute la chaîne de valeur. Ils y ont écoulé l'an dernier pour un peu moins de 3 milliards d'euros de produits de soin, de maquillage et de parfums. Soit plus de 12% du total de leurs exportations (22,5 milliards en 2004) et 6% des exportations françaises vers les USA.
Dans une étude parue en début de semaine, le cabinet Asterès estime qu'une hausse de 20% des droits de douane ferait perdre à la filière un dixième de ses exportations aux États-Unis et près de 5.500 emplois directs et indirects. Une augmentation de 50%, hypothèse que personne n'ose envisager à ce stade, ferait bondir ses mêmes chiffres à 28% et plus de 14.000 emplois.
LVMH et la hausse des prix
Ces projections peu engageantes, basées sur la capacité des consommateurs américains à supporter un rebond des prix à l'achat, pourraient se révéler sous-estimées, préviennent en outre les auteurs de l'étude. « Nos résultats doivent être considérés comme des estimations a minima des impacts. Les chiffres réels si un tel cas de figure se produisait seraient sans doute malheureusement nettement plus élevés », précisent-ils.
La crainte est manifestement partagée par Marc Antoine Jamet, secrétaire général de LVMH et président du pôle de la Cosmetic Valley qui tenait congrès, ce mardi, à Louviers dans l'Eure où La Tribune l'a rencontré. Pour lui, les marques françaises et en particulier celles qui se revendiquent du « luxe abordable », auront du mal à faire accepter une valse des étiquettes. « Le problème principal, c'est l'élasticité des prix, analyse-t-il. Comme ils ont beaucoup augmenté aux États-Unis ces dernières années, les marges de manœuvre sont étroites ».
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.