Trêve brisée, négociations menacées, marchés bousculés : brusque poussée de fièvre au Moyen-Orient

Image extraite d'une vidéo, diffusée le 7 juin 2026, qui montre des missiles iraniens lancés sur Israël.
via REUTERS - Pool via WANA

Image extraite d'une vidéo, diffusée le 7 juin 2026, qui montre des missiles iraniens lancés sur Israël.
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La trêve entre Israël et l'Iran est-elle en danger ? Après 100 jours de conflit et l'entrée en vigueur le 8 avril d'un cessez-le-feu, le Moyen-Orient s'embrase à nouveau. Dimanche soir, l'Iran a tiré 30 salves de missiles balistiques contre Israël. Pour Téhéran, ces tirs sont une réponse à une frappe israélienne contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien, qui a fait deux morts et 20 blessés. Les tirs iraniens n'ont, eux, fait aucun blessé, selon les secours israéliens.
En réponse, Israël a frappé et détruit des systèmes de défense en Iran. « Aucun pays qui se respecte ne tolérerait une telle attaque », a commenté ce lundi sur X l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter.
Pour ne rien arranger, les houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont revendiqué de leur côté une attaque contre Israël depuis le Yémen et décrété une interdiction de navigation israélienne en mer Rouge, autre voie maritime stratégique. Une initiative qui alimente les craintes d'une nouvelle extension du conflit dans la région.
Lundi après-midi, la tension semblait néanmoins baisser d'un cran. Le commandement des forces armées iraniennes a annoncé l'arrêt des frappes contre Israël, tout en menaçant de représailles plus fortes en cas de nouvelles frappes israéliennes sur le Liban.
Dans un entretien à la chaîne conservatrice Fox News dimanche soir, Donald Trump a pris ses distances avec les frappes israéliennes menées ce dimanche au Liban, précisant qu'elles n'avaient pas été coordonnées par Washington. Le dirigeant a également adressé un message direct à l’Iran : « Vous avez lancé vos missiles, cela suffit. Revenez à la table des négociations et concluez un accord ».
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Le Moyen-Orient « n’a pas besoin d’une escalade », a réagi dans la foulée la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas, tandis que la diplomatie chinoise a dit être « profondément préoccupée ».
À ce jour, les négociations en cours entre les différentes parties du conflit se concentrent sur un mémorandum : celui-ci reporterait de 30 à 60 jours, les négociations sur la question nucléaire et le statut juridique permanent du détroit, deux sujets très sensibles pour les deux camps. La dernière version du document viserait bien l’ouverture d’Ormuz et la levée du blocus américain contre les ports iraniens.
Cette nouvelle escalade bouscule les marchés pétroliers et financiers ce lundi. Le pétrole grimpe fortement, avec le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, qui montait vers 11 h de 4,90 % à 97,65 dollars, avant de se détendre vers 14h45 (94,52 dollars, -0,88 %).
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juillet, prenait au même moment 4,88 % à 94,96 dollars avant de redescendre vers 14h45 (91,45 dollars, +1,27 %). Le pétrole reste loin de son sommet de fin avril, quand le Brent était monté à 126,41 dollars, son plus haut depuis le début de la guerre.
Du côté des marchés financiers, l'inquiétude est aussi palpable. En Europe, vers 9 h 20 (heure française), dans les premiers échanges, Paris cédait 0,86 % et Francfort 1,13 %. Londres cédait 0,25 %, résistant grâce aux valeurs pétrolières comme BP (+ 1,74 %) et Shell (+ 1,47 %). En Asie, Tokyo a perdu 3,85 %, Séoul 8,29 % et Taïwan 3,46 %, particulièrement plombés par la chute des semi-conducteurs.
Quant aux taux d'intérêt obligataires, ils étaient orientés à la hausse ce lundi : le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06 %, contre 3,04 % vendredi soir. Son équivalent français atteignait ce jour 3,82 %, contre 3,80 % vendredi soir. La BCE devrait d'ailleurs hausser son taux directeur, ce qui serait une première depuis trois ans.
« Les événements au Moyen-Orient confirment une fois de plus à quel point la situation y est fragile et imprévisible », relevait à l'AFP Andreas Lipkow, analyste de CMC Markets. « Les tensions au Moyen-Orient s’intensifient à nouveau », ce qui « complique la perspective d’un accord imminent » dans la région, s’inquiétaient de leur côté des analystes de la Deutsche Bank.
(Avec AFP)
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