La flambée du kérosène causée par le conflit au Moyen-Orient devrait diviser par deux les profits des compagnies aériennes cette année. Alors que les compagnies du Golfe seront frappées de plein fouet, les opérateurs européens pourraient afficher les meilleurs marges.Fin 2025, le ciel semblait dégagé et les compagnies aériennes misaient sur une année 2026 de tous les records. Six mois plus tard, le monde du transport aérien a déchanté, et commence seulement à mesurer l’ampleur des conséquences du conflit en Iran qui a percuté de plein fouet leurs prévisions de croissance. Bien que réunies à Rio (Brésil) sous un soleil radieux, dans le cadre de l’assemblée générale de l'Association du transport aérien international (Iata) organisée du 6 au 8 juin, les compagnies aériennes n’avaient pas le cœur à la fête.
« Les perturbations liées au conflit au Moyen-Orient et la hausse des coûts du carburant ont assombri les perspectives des compagnies aériennes », a résumé Willie Walsh, le directeur général de l’IATA, en partance pour la compagnie indienne IndiGo. Conséquence directe de la guerre en Iran et du blocage concomitant du détroit d’Ormuz : le bénéfice net des compagnies aériennes devrait être divisé par deux cette année par rapport aux prévisions, pour s’établir à 23 milliards de dollars. L’an dernier, elles avaient engrangé 45 milliards de dollars de bénéfices.
Un trafic en croissance mais une rentabilité en berne
D’où un tassement anticipé de la profitabilité des compagnies aériennes. L’IATA – qui représente avec ses 370 compagnies membres 85% du trafic aérien mondial – table ainsi sur une marge d’exploitation de 4,1 %, contre 7,2 % en 2025, ainsi qu’une marge nette de 2%, moitié moins qu’initialement prévu. « Tous les résultats financiers des compagnies aériennes souffrent de la hausse rapide de 70 % des prix du kérosène, a affirmé Willie Walsh. Une partie des coûts supplémentaires est compensée par des ajustements de prix et une amélioration de l’efficacité, mais cela ne suffira pas à maintenir la rentabilité au niveau de l’année précédente. »