Livret A : ce qui attend votre épargne dès cette semaine

Le ministre de l’Économie Roland Lescure pourrait trancher cette semaine sur le nouveau taux du Livret A, qui rentre en application le 1er février.
REUTERS - Stephanie Lecocq

Le ministre de l’Économie Roland Lescure pourrait trancher cette semaine sur le nouveau taux du Livret A, qui rentre en application le 1er février.
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Les faits. Le taux du Livret A sera-t-il divisé par deux en à peine un an ? Il devrait en tout cas de nouveau baisser cette semaine dans la foulée du ralentissement de l’inflation, sauf cadeau peu probable aux épargnants par la Banque de France et Bercy. Aujourd’hui à 1,7 %, le rendement de ce produit d’épargne très populaire — 58 millions de Français détiennent un Livret A — a été recalculé jeudi par la Banque de France. La Banque centrale aura ensuite plusieurs jours pour transmettre son calcul aux services de Bercy, mais le nouveau taux a de fortes chances d’être avalisé le jour même par le ministre de l’Économie pour une application au 1er février.
Le taux attendu. Eric Dor, professeur à l’IESEG School of Management contacté par l’AFP, table sur un nouveau taux à 1,4 %, soit plus de deux fois inférieur aux 3 % encore en vigueur il y a un an, en janvier 2025. C’est ce qu’indique en l’état la formule légale de calcul, qui prendra en compte, d’une part, un taux dépendant de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et, d’autre part, l’inflation hors tabac du deuxième semestre 2025. Cette deuxième composante plombe le taux du Livret A, car la hausse des prix s’est considérablement ralentie en France, au bénéfice du pouvoir d’achat des Français. Finalement, le ministre de l'Économie a annoncé jeudi un taux de 1,5 % pour le Livret A, sur recommandation de la Banque de France.
Pas de coup de pouce prévu. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a cependant la possibilité de déroger au calcul de la formule s’il le juge nécessaire. Ce pouvoir, exercé de concert avec le locataire de Bercy, a d’ailleurs été mis en œuvre entre août 2023 et janvier 2025, avec à la clé un taux du Livret A inférieur à ce qu’il aurait dû être si la formule avait strictement été appliquée. Un geste, cette fois-ci en faveur des épargnants, sera-t-il décidé pour amortir la baisse du taux ? Rien n’est moins sûr, tant le niveau élevé d’épargne des Français, vu comme un frein à la consommation et à la croissance économique du pays, est régulièrement critiqué. François Villeroy de Galhau a simplement affirmé, samedi sur France Inter, que, quoi qu’il soit décidé jeudi, le taux du Livret A « restera significativement supérieur à l’inflation », actuellement à 0,8 %. Le Livret A aurait pourtant besoin d’un « coup de pouce » pour retrouver les faveurs des épargnants. Ces derniers ont en effet eu tendance à le bouder ces derniers mois, au profit de leur contrat d’assurance-vie. Les taux de ces derniers sont, eux, globalement stables ou orientés à la hausse en ce début d’année 2026.
Pourquoi c’est important. La fixation du taux du Livret A est un sujet toujours sensible car c’est le produit d’épargne le plus populaire en France. 83 % des Français sont détenteurs d’un livret A, soit 58 millions de livrets. Une baisse des taux a donc des implications pour de nombreux foyers. Le Livret A pèse toutefois beaucoup moins lourd que l’assurance-vie. Avec 438,9 milliards d’euros à fin novembre selon le dernier pointage de la Caisse des Dépôts, son encours est près de cinq fois inférieur.
Son développement est limité par le plafond de 22 950 euros. Les livrets A sont remplis en moyenne à 7 482 euros à fin 2024, le tiers de leur capacité, selon le rapport annuel de l’Épargne réglementée de la Banque de France.
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La baisse probable du rendement du Livret A permettra aussi aux acteurs du logement social, dont les conditions d’emprunt sont indexées sur son taux, de se financer moins cher. C’est aussi une aubaine pour les banques, qui rémunèrent une partie de l’épargne réglementée et commercialisent des produits concurrents plus lucratifs pour elles. Les assureurs se réjouiront aussi de voir leurs assurances-vie encore plus compétitives face au Livret A. Cette baisse des taux intervient alors que le patrimoine financier des Français en capacité d’épargner n’a jamais été aussi élevé, atteignant fin juin 6 477,6 milliards d’euros selon la Banque de France. Ce montant a augmenté de plus de 50 % au cours des dix dernières années.
(Avec AFP)