La nouvelle page de Condat ne s’écrira pas sur le papier. Le repreneur qui vient d’être nommé par le tribunal s’oriente vers un parc d’activités industrielles et numériques.La sentence est tombée vendredi 27 février lors de l’audience décisive pour la reprise des papeteries de Condat. Après quatre mois de redressement judiciaire, le tribunal de commerce de Bordeaux a choisi SPB (Société de participation de la Braye). Ce gestionnaire de fonds a déjà orchestré une reconversion industrielle dans la Sarthe. Il est dirigé par l’investisseur Olivier Huot, associé à l’industriel canadien James Dottori.
En reprenant Condat pour environ 1 million d’euros au groupe espagnol Lecta, l’investisseur souhaite déployer un pôle industriel multi-activités. Celui-ci se positionnera sur le retraitement d’aluminium et la production de nanocellulose. Ce composant remplace les produits pétrochimiques dans les cosmétiques ou les adhésifs. Le projet prévoit aussi la construction d’un pôle d’énergies vertes d’une puissance de 200 mégawatts, réparti entre hydrogène et chaleur.
C’est peut-être la brique majeure du projet : l’aménagement d’un ensemble de supercalculateurs pour un investissement de 400 millions d’euros. L’infrastructure sera développée en partenariat avec un acteur européen de l’IA, mentionne la direction de Condat.
Vers une reconversion industrielle hors du papier
La production de papier, activité historique du site, est compromise. SPB ne reprend que 20 salariés sur 202. Pour étudier la viabilité du secteur, le repreneur sollicite le groupe autrichien Delfort. Spécialisé dans les papiers alimentaires et industriels, ce dernier évaluera pendant cinq mois les conditions de relance de la « machine 8 ». Cette ligne produit le papier glassine, utilisé pour les étiquettes.