La société héraultaise MGH Energy a été retenue, le 10 février, pour son projet de reconversion industrielle de l’ancien site ArcelorMittal à Laudun-l’Ardoise (Gard). Une usine de production de carburants de synthèse pour les transports aérien et maritime devrait voir le jour en 2031. Le coût de l’investissement est estimé à un milliard d’euros.Une nouvelle ère s’ouvre pour l’ancien site gardois d’ArcelorMittal, labellisé « sites clés en main France 2030 », dispositif lancé en 2023 par Emmanuel Macron dans le cadre de la loi relative à l’industrie verte. A l’issue d’un appel à projets lancé par l’Agglomération du Gard Rhodanien et la commune de Laudun-l’Ardoise, le projet d’une unité de production de carburant de synthèse, porté par la société héraultaise MGH Energy (Mobility Green Horizon), vient d’être retenu ce 10 février.
Appelés à se substituer aux carburants fossiles tels le méthanol, le diesel ou le kérosène, les carburants de synthèse (e-fuels), qui sont élaborés à partir d’hydrogène vert issu d’électricité renouvelable et de dioxyde de carbone capté, s’inscrivent dans une logique de décarbonation du transport aérien et maritime.
« La règlementation européenne impose aux compagnies aériennes une part minimale de carburant durable, avec un objectif de 6 % en 2030 contre 2 % actuellement, 25 % en 2035 et 70 % en 2050, contextualise Gilles Leandro, directeur général de MGH Industry. Notre projet amènera une production stratégique en Occitanie, région leader en aéronautique et dotée d’une façade maritime active avec les ports de Sète et Port-La-Nouvelle. Il présente également l’avantage d’être sur l’axe du Rhône menant aux sites pétroliers de Fos-sur-Mer. Nos clients potentiels sont là. »
Synergie avec un projet au Sahara
Filiale du groupe Soper détenu par Jean-Michel Germa, pionnier de l’éolien en France, MGH Energy (20 salariés) est déjà en phase d’études sur la construction d’une usine de carburants synthétiques dans la région de Dakhla, au Sahara Occidental. Le projet conséquent (5 milliards d’euros) prévoit l’installation de 2,2 GW de capacités éoliennes et solaires destinées à produire près de 500 000 tonnes par an de e-kérosène et e-methanol. La mise en service est prévue en 2030, concomitamment à l’inauguration du port de Dakhla Atlantique, aussi en construction.