Une ancienne filature normande se rêve en « Cité du textile de demain »
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Vue d'artiste de la place de la Cité à Bolbec (76).
TDAV Studio/EAI Espace Architecture International/Caux Seine agglo
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Vue d'artiste de la place de la Cité à Bolbec (76).
TDAV Studio/EAI Espace Architecture International/Caux Seine agglo
Relancé suite aux errements de Shein, le combat contre le tee-shirt jetable rebondit à quelques encablures du port du Havre, dans la riante cité de Bolbec. Précisément sous les toits de l’ancienne manufacture Desgenetais, fondée en 1850 et passée à la postérité grâce à son savoir-faire dans les cotonnades imprimées qu’on appelait Indiennes à l’époque.
Rachetée par Marcel Boussac dans les années 30, l’usine a fermé définitivement ses portes cinquante plus tard après avoir employé jusqu’à 800 personnes et fabriqué des kilomètres de fils et de tissus pour toute l’Europe.
De cet âge d’or, ne subsiste qu’un musée associatif et un vaste ensemble immobilier en brique de 4.000 m2 qui a connu des jours meilleurs. C’est ce patrimoine industriel, typique du 19ème siècle, qu’a commencé de réhabiliter la prospère agglomération Caux Seine dans l’espoir de faire sortir de terre une « Cité du textile de demain » tournée vers la circularité, le recyclage et la durabilité. Pour arriver à ses fins, la collectivité a coalisé autour d’elle une bonne trentaine de partenaires publics et privés : établissement d’enseignements, industriels, spécialistes du lin, du chanvre et de la chimie verte, groupements interprofessionnels et chercheurs.
Leur objectif commun : créer « un nouveau modèle industriel territorial » en regroupant sur un même lieu un campus de formation adossé à des logements, une pépinière d’entreprises et plusieurs smart factories abritant des machines-outils de dernière génération. Une sorte de « textile Valley » en somme. « Beaucoup de gens me disent que la filière française est foutue. Je pense au contraire qu’il faut la réinventer, défend Virginie Lutrot, présidente de l’agglomération. Le textile a subi un tel déclin que plus personne n’a investi, par exemple, dans l’automatisation ».
Même tonalité au sein du collectif « Façon de Faire » (400 entreprises), membre fondateur de l’association de préfiguration de la Cité. Pour sa directrice, Christelle Didelot, le réveil du vêtement tricolore n’a rien d’un combat d’arrière-garde. Elle aussi plaide pour replacer l’ouvrage sur le métier. « En réalité, nous sommes encore au début de ce que pourraient être les matériaux de demain notamment sur les fibres recyclées ou le bio-sourcé, fait-elle valoir. Des innovations de rupture sont possibles. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce futur écosystème unique en son genre ».
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