En pleine tempête Fern, le gaz fait vaciller le système électrique américain
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La demande de chauffage explose dans le pays, au moment où la production de gaz est elle-même directement touchée par le gel.
NO - REUTERS - Nick Oxford
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La demande de chauffage explose dans le pays, au moment où la production de gaz est elle-même directement touchée par le gel.
NO - REUTERS - Nick Oxford
La tempête hivernale Fern, qui frappe les États-Unis avec une violence inhabituelle, expose au grand jour les fortes fragilités du système électrique américain, dépendant d’un approvisionnement en gaz naturel à la fois crucial et instable. Entre vagues de froid extrême, coupures massives d’électricité et envolée des prix du gaz, la crise met en lumière un paradoxe. Alors que le gaz sert de plus en plus de colonne vertébrale au mix énergétique américain, son réseau de production et de transport reste totalement vulnérable aux aléas climatiques.
Une situation qui tire l'ensemble des tarifs vers le haut. Dans ce domaine, les chiffres sont parlants. Les prix du gaz naturel ont dépassé lundi les 6 dollars par million de British thermal units (1 MMBtu équivaut à 293 kWh, ndlr), un niveau jamais vu depuis fin 2022, avec une hausse de 18,6 % sur la seule séance. Le contrat février a même atteint 6,26 dollars, une conséquence directe du froid polaire qui balaye le pays, laissant plus de 822 000 foyers sans électricité et entraînant l’annulation de milliers de vols.
Cette flambée s’explique par un phénomène de « château de cartes » : la demande de chauffage explose dans le pays, au moment où la production de gaz est elle-même directement touchée par le gel, la température ressentie frôlant les -45 degrés. De quoi fortement pénaliser les centrales au gaz. « Nous nous attendons à ce que cela perturbe l’offre, car les conditions météo font geler les infrastructures. Nous estimons que cela concerne plus de 10 % de la production américaine de gaz naturel », explique Samantha Dart à CNBC, analyste chez Goldman Sachs.
Or le gaz sert tout autant à chauffer les foyers qu'à produire l’électricité nécessaire au fonctionnement du pays. Des réseaux électriques qui sont incapables de satisfaire une demande fortement accrue. Le plus grand opérateur électrique de réseau régional américain, PJM Interconnection, qui couvre 67 millions de personnes, a enregistré près de 21 gigawatts d’arrêts de production, soit environ 16 % de la demande dimanche après-midi. Face à cette situation, PJM a dû déclencher un plan d'urgence demandant à certains gros clients industriels de réduire leur consommation.
Le réseau électrique américain est aussi pénalisé par des goulets d’étranglement sur les lignes à haute tension, qui empêchent le transfert de l’électricité excédentaire d’ouest en est. Ainsi, des prix négatifs de l’électricité en Illinois, dus à une forte production éolienne, ne peuvent pas être exploités pour soulager les zones les plus touchées. Résultat : les prix de l’électricité ont grimpé jusqu’à 400 à 700 dollars par MWh dans plusieurs régions,.
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Au-delà des conséquences immédiates, cette crise rappelle un fait structurel : les réseaux américains sont désormais confrontés à une demande croissante de la part des centres de données, et la construction de nouvelles capacités peine à suivre. La North American Electric Reliability Corporation (NERC) a déjà mis en garde sur les risques de pénuries en période de demande extrême, notamment au Texas. La démonstration en est désormais faite.
(avec Reuters)
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