DÉMINAGE. Épisode 5/7. La volonté de Donald Trump d’un contrôle du Groenland est-elle liée aux ressources minières du territoire ? Malgré la réticence des industriels, les propositions des États et de certains pionniers ne manquent pas pour miner des régions difficiles d’accès.Dans les années 1930, les compagnies minières qui exploitaient du cuivre pouvaient espérer une teneur de près de 2 %. En clair, pour 100 kilos de minerais extraits, 2 étaient cuivrés. Aujourd’hui, la teneur des nouveaux projets avoisine les 0,5 % obligeant ainsi à traiter 2 à 4 fois plus de roches pour obtenir les quantités d’antan. De cette chute impressionnante découlent des conséquences importantes : des coûts plus élevés, la nécessité d’améliorer la productivité pour les majors minières, des productions de certains coproduits qui diminuent, mais aussi la recherche de gisements vierges de tout forage.
« Les filons miniers les plus riches et faciles d’accès ont sans surprise été exploités les premiers », notaient deux chercheurs en septembre dernier. Si la tendance du moment n’est pas à l’aventure pour les industriels du secteur, l’actualité, notamment géopolitique, percute les projets des miniers. Dans une Ukraine en guerre, en Alaska, dans les fonds marins ou même dans l’espace… Poussés par certains États envieux sécuriser leurs approvisionnements, des pionniers envisagent la mine dans des terrains moins faciles d’accès. Mais l’infrastructure et la logistique représenteraient une part immense dans ce type de projet, alors que le recyclage ou l’amélioration de la productivité apparaissent comme des alternatives plus crédibles. Dans ce cinquième épisode, nos deux auteurs sont interrogés sur ces enjeux où la science-fiction n’est jamais loin. L’actualité autour du Groenland est également dans toutes les têtes.
La baisse des teneurs dans un certain nombre de mines ne risque-t-elle pas de pousser les industriels à s’orienter vers des lieux plus difficiles d’accès, à l’image du Groenland, des fonds marins, voire de la Lune et ainsi d’alimenter une course vers des territoires sous-exploités voire vierge de tout forage ?
DIDIER JULIENNE. L’un des objectifs de la fake news des « métaux rares », était de contrecarrer les risques de pénurie de métaux qu’elle prévoyait par l’exploitation de mine sur des terres vierges. Parce que ces propositions seraient inacceptables pour les protecteurs de l’environnement, la solution logique était de continuer l’ère du pétrole.