Le verrier OI-Glass boucle un plan social, 340 postes sont concernés en France

Un ouvrier de l'usine d'OI-Glass à Vayres en Gironde, où le site employait jusqu'ici 240 salariés.
Agence APPA

Un ouvrier de l'usine d'OI-Glass à Vayres en Gironde, où le site employait jusqu'ici 240 salariés.
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Ce 31 octobre signe la fin des négociations dans les usines françaises d'OI-Glass. Après plusieurs semaines d'âpres discussions, un accord a été signé entre direction et syndicats majoritaires dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Les services de l'Etat vont maintenant se prononcer sur cette manœuvre qui prévoit 340 suppressions nettes de postes.
Le principal fabricant mondial de verre répond à la baisse de consommation d'alcool, notamment de vin, par une vaste réorganisation. En France, des « ajustements opérationnels », en particulier des licenciements, vont être entrepris sur les sites de Gironcourt (Vosges), Puy-Guillaume (Puy-de-Dôme) et Reims (Marne), qui produisent pour l'industrie de la bière, du vin et du champagne. L'usine de Vayres en Gironde, qui fabrique les bouteilles des vins de Bordeaux, va subir 80 à 120 licenciements, en fonction des reclassements proposés. L'un de ses deux fours, arrêté en 2024, ne redémarrera pas.
Le plus gros choc concerne l'usine de Vergèze dans le Gard, qui va baisser le rideau. Son unique four alimentait l'eau minérale Perrier, propriété de Nestlé Waters. Le scandale sanitaire autour de la marque a tari la seule source de commandes de l'usine, dont la production a déjà été stoppée. 164 emplois y sont supprimés.
Le Comité social et économique de l'entreprise a voté à l'unanimité contre le plan de la direction. Dans un avis que La Tribune a consulté, le CSE dit que « la logique qui préside aux arbitrages ne relève pas d’une nécessité industrielle mais d’une stratégie financière visant l’amélioration d’indicateurs actionnariaux. » Les représentants des salariés regrettent l'absence d'alternative : « L’expertise économique a démontré qu’un scénario alternatif de maintien des capacités, appuyé sur une montée en gamme et une stratégie commerciale renforcée, permettrait de préserver l’emploi sans compromettre les résultats économiques du Groupe. »
En France, au moins 340 personnes vont être licenciées, soit 15 % des effectifs nationaux d'OI-Glass, et jusqu'à 550 selon les reclassements. Au niveau européen, l'industriel a stoppé des lignes en Allemagne, éteint des fours aux Pays-Bas et en Écosse, réorganisé son siège italien et fermé l'usine de Barcelone. Son plan intitulé « Fit to win » (S'ajuster pour gagner) doit permettre d'engranger 650 millions d'euros d'économies d'ici 2027. En 2024, OI-Glass a réalisé un chiffre d'affaires de 6,5 milliards de dollars, en recul de 8 % sur un an, pour un bénéfice de 748 millions contre 1,2 milliard l'année précédente.
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« Je pense qu'il y avait des solutions pour éviter tous ces licenciements, c'est avant tout une manœuvre financière pour faire plaisir aux actionnaires de BlackRock », commente un salarié, sous couvert d'anonymat. Le gestionnaire d'actifs américain détient environ 15 % du groupe verrier. « Ils ne nous ont pas fait du tout de cadeau, c'est un PSE au rabais », pointe-t-il encore. Les postes visés comme les propositions de reclassement dans l'entreprise ne sont pas encore connus. La direction d'OI-Glass France, basée à Vaulx-en-Velin (Rhône), n'a pas répondu à notre sollicitation.