Pétrole : le français Maurel & Prom va pouvoir reprendre ses activités au Venezuela
latribune.fr

Un pétrolier ancré dans le lac Maracaïbo.
/FW1FP/Rod Nickel - REUTERS - Marco Bello
latribune.fr

Un pétrolier ancré dans le lac Maracaïbo.
/FW1FP/Rod Nickel - REUTERS - Marco Bello
Six entreprises dont Maurel & Prom ont été autorisées à reprendre leurs activités au Venezuela.
Donald Trump veut relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves pétrolières prouvées de la planète avec plus de 303 milliards de barils.
Bonne nouvelle pour Maurel & Prom. Le gouvernement américain a ajouté ce mercredi 19 février la compagnie pétrolière française sur sa liste des entreprises autorisées à travailler au Venezuela. Dans un document publié sur le site du département du Trésor, le groupe français apparaît parmi les six entreprises désormais autorisées à travailler dans le secteur gazier et pétrolier vénézuélien, rejoignant l’américain Chevron, l’espagnol Repsol, l’italien ENI et les britanniques BP et Shell.
L’entreprise était déjà présente dans le pays mais avait vu ses activités fortement perturbées par les sanctions américaines, qui avaient été suspendues et réinstaurées à diverses reprises ces dernières années au gré de la situation politique. Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage. Il a promis que les deux pays se partageraient les bénéfices. Son ministre de l’Énergie, Chris Wright, était la semaine dernière au Venezuela où il a promis une « augmentation spectaculaire » de la production de pétrole.
En parallèle, le ministère des Finances, qui gère les sanctions économiques, lève par étapes l’embargo mis en place en 2019 par les États-uniens sur l’or noir du pays. Cet embargo est « pour l’essentiel terminé », avait alors affirmé Chris Wright.
Maurel & Prom est contrôlé à un peu plus de 70 % par une holding de la compagnie pétrolière nationale indonésienne Pertamina, PIE. Elle emploie 750 salariés et compte sur une capitalisation de 1,22 milliard d’euros. Présente surtout en Afrique, elle a intensifié sa présence au Venezuela en 2018 en rachetant un actif bradé par Shell pour 64 millions de dollars. Elle a également acquis une participation de 40 % dans un champ situé sur le lac Maracaibo. Jusqu’à mai 2025, elle réalisait près d’un quart de sa production dans le pays. À la suite de l’enlèvement du président Maduro, son cours de Bourse avait augmenté de 20 % en seulement une semaine.
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves pétrolières prouvées de la planète avec plus de 303 milliards de barils. Le pari de l’entreprise française devrait ainsi s’avérer gagnant puisque la production devrait augmenter.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Comme pour les cinq autres groupes, la licence autorise le pétrolier français à faire des affaires avec l’entreprise nationale PDVSA ainsi que ses filiales, elle précise cependant que les contrats seront régis par les lois américaines « et que tout litige (…) sera réglé aux États-uniens ». Les paiements, y compris concernant les impôts sur ces activités, devront par ailleurs se faire auprès du fonds de dépôt contrôlé par le Trésor américain.
Début février, la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodriguez, s’était entretenue avec les dirigeants de Maurel & Prom et Repsol « dans le but de consolider des alliances stratégiques qui renforcent la capacité de production énergétique du pays », selon deux communiqués de PDVSA. À chaque fois qu’il lève des freins au commerce du pétrole vénézuélien, le gouvernement américain prend soin de fixer des conditions pour éviter que les transactions servent des intérêts en Russie, en Iran, en Corée du Nord, à Cuba ou encore en Chine.
(Avec AFP)
latribune.fr