Le Tour de France de nos industries veut faire changer le regard des jeunes générations sur le secteur. Ici le campus de Servier, à Gidy, dans l'agglomération orléanaise.
Le Tour de France de nos industries, organisé par BPI France, a fait étape le 13 novembre au laboratoire pharmaceutique Servier à Gidy près d’Orléans. Objectif du dispositif, redorer le blason de l’industrie auprès des jeunes générations, condition sine qua non de la réindustrialisation du pays.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec 46 000 postes non pourvus en 2025 et un million d’emplois qui seront à pourvoir d’ici 2030, le challenge de l’industrie française pour recruter des forces vives suffisantes reste d’envergure.
En cause, deux paramètres principaux se conjuguent. D’une part, le secteur, desservi de surcroît par deux décennies de désindustrialisation de 1995 à 2025, continue à souffrir d’un déficit d’image auprès du public jeune. Il est souvent associé à la pénibilité des tâches et à la pollution engendrée par ses process de production. « L’industrie est d’autre part peu encline à communiquer naturellement sur ses atouts, déplore Julien Noronha, directeur exécutif de la communication de BPI France. C’est notamment le cas vis-à-vis du public féminin qui reste sous-représenté dans les écoles d’ingénieurs, avec seulement 30% des femmes diplômées ».
L’une des initiatives concrètes du label French Fab, créé en octobre 2017 par BPI France pour renforcer la promotion de l’industrie, le Tour de France de nos industries a pour premier objectif de lever ces handicaps via une immersion des jeunes dès le collège dans les usines.
Après une première édition en 2024 qui en a rassemblé 3.000 sur une douzaine d’étapes industrielles dans l’Hexagone, le millésime 2025 aura plongé sur le terrain un nombre comparable de collégiens, de lycéens et d’étudiants. 150 d’entre eux, issus de l’école d’ingénieurs Polytech d’Orléans, ont ainsi visité le 13 novembre dernier les lignes de production du site de Gidy du laboratoire Servier. Spécialisé dans le traitement des maladies cardiaques et veineuses, le groupe pharmaceutique indépendant emploie un millier de collaborateurs sur cette entité, ce qui en fait le second employeur privé de la région Centre-Val de Loire.
« Même si ces élèves ingénieurs sont une cible plus captive vis-à-vis de l’industrie que les collégiens et mêmes les lycéens, l’immersion leur permet de constater sur le terrain la transformation globale du secteur, désormais digitalisé et le plus souvent robotisé, se félicite Augustin Blanc, directeur Servier dans le Loiret. Nos locaux, situés dans un espace naturel de quelque 60 hectares, ont de surcroît davantage l'aspect d’un campus universitaire que d’une usine. C’est attirant pour cette tranche d’âge soucieuse d'un cadre de travail préservé». La branche pharmaceutique est moins touchée par les difficultés de recrutement que d’autres secteurs industriels et Servier parviendra sans trop de peine à réaliser la trentaine d’embauches prévues en 2026 à Gidy.
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