La compagnie pétrolière britannique, qui a traversé des difficultés ces dernières années, change une nouvelle fois de patron et nomme l'actuelle dirigeante du groupe pétrolier australien Woodside Energy. Elle aura pour mission de faire de BP une « entreprise plus simple, plus agile et plus rentable ».
C’est la troisième fois en cinq ans. Le géant pétrolier britannique BP a une nouvelle fois changé de patron : l’Américaine Meg O'Neill. Elle prendra ses fonctions à partir d’avril 2026 et remplacera l’actuel directeur général Murray Auchincloss qui a quitté ses fonctions cette semaine.
Recrutée en externe, Meg O'Neill est à la tête de la compagnie pétrolière australienne Woodside Energy depuis 2021. Elle a fait de l’entreprise l’une des plus valorisées à la Bourse australienne dans le secteur de l’énergie. Elle a également réussi à négocier une fusion avec la branche pétrolière de BHP en 2022 pour un montant de 63 milliards de dollars.
Le président du conseil d’administration de Woodside, Richard Goyder, n’a pas tari d’éloges à son sujet. L’Américaine, qui a débuté sa carrière chez ExxonMobil, a placé l’entreprise australienne « en position de force, ayant mené l'entreprise à travers la fusion avec BHP Petroleum, la décision finale d'investissement sur le projet énergétique de Scarborough, le démarrage du projet Sangomar [et] la décision finale d'investissement pour le projet Louisiana LNG », a-t-il écrit dans un communiqué de presse de l’entreprise publié mercredi. Des résultats qui auraient permis de verser près de 11 milliards de dollars de dividendes aux actionnaires depuis 2022, précise-t-il.
À la tête de BP, Meg O'Neill devient la première femme à diriger la compagnie mais aussi la première à la tête de l’une des cinq grandes majors pétrolières mondiales (BP, Shell, ExxonMobil, Chevron, TotalEnergies).
La dirigeante pragmatique aura pour mission de relever BP qui traverse une période difficile. La compagnie pétrolière a annoncé un plan de redressement en début d’année, avec une réduction des coûts et des pertes d’emplois. Cette nomination doit donc permettre à l’entreprise de « devenir une entreprise plus simple, plus agile et plus rentable », a déclaré Albert Manifold, le président de BP. « Des progrès ont été réalisés ces dernières années, mais davantage de rigueur et de diligence s'imposent pour opérer les changements transformationnels nécessaires afin de maximiser la valeur pour nos actionnaires », complète-t-il.
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BP a également abandonné cette année sa stratégie climatique, autrefois ambitieuse, et a annoncé augmenter ses investissements dans le pétrole et le gaz. Le groupe a été à la traîne ces dernières années par rapport aux autres majors pétrolières. Des rumeurs d’achat par Shell circulaient ces derniers mois et le fonds d’investissement américain Elliot a mis la pression pour demander des changements de stratégie.
Un revirement qui a payé pour le moment : le groupe britannique affichait un bénéfice en forte hausse au troisième trimestre à 1,16 milliard de dollars contre 206 millions de dollars l’année précédente.
À la tête de Woodside, Meg O'Neill a subi de nombreuses critiques de la part des militants écologistes, qui ont critiqué la sincérité de la stratégie de transition énergétique de la compagnie australienne.
Elle a également ouvertement critiqué les jeunes militants, lors d’une conférence annuelle de l’industrie gazière cette année : « Ce fut un parcours fascinant que de suivre les discussions, en particulier parmi les jeunes qui ont cette vision très idéologique, presque zélée, selon laquelle les combustibles fossiles sont mauvais et les énergies renouvelables bonnes, et qui branchent allègrement leurs appareils, commandent des articles sur [des boutiques de mode en ligne] Shein et Temu – se faisant livrer un petit article à domicile sans aucune prise de conscience de l'impact énergétique et carbone de leurs actions », rapporte The Guardian.