Flotte fantôme, pétrolier à Saint-Nazaire, drones…Emmanuel Macron s’explique

Julien Gouesmat avec AFP

Le pétrolier "Eventin" de la flotte fantôme russe, en face de Sassnitz, Allemagn, en avril dernier.
joh/ - REUTERS - Tobias Schlie

Julien Gouesmat avec AFP

Le pétrolier "Eventin" de la flotte fantôme russe, en face de Sassnitz, Allemagn, en avril dernier.
joh/ - REUTERS - Tobias Schlie
Alors que les images de militaires français cagoulés et patrouillant sur le pont du pétrolier Pushpa ont fait le tour du monde, le président la République s’est exprimé depuis Copenhague où se tient en ce moment un sommet européen. Emmanuel Macron a appelé les Européens à s'organiser, en « étroite coordination » avec l'Otan, pour « accroître la pression » sur la flotte de navires clandestins qui permettent à la Russie d'exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales.
Ce midi, le Pushpa, aussi appelé Boraçay, un pétrolier de 244 mètres de long qui figure parmi les navires de la flotte fantôme russe sous sanction occidentale, est toujours en mouillage au large de Saint-Nazaire, entre l’île de Noirmoutier et Belle-Île. Il est toujours immobilisé, avec des militaires français issus des commandos marines à son bord.
Une enquête pour « défaut de justification de la nationalité du navire » et « refus d’obtempérer » a été ouverte à son encontre et deux de ses marins sont toujours entendus en garde à vue. « Les deux mesures de garde à vue en cours, concernant les personnes se présentant comme le commandant du navire et son second, ont fait l’objet d’une décision de prolongation », a annoncé ce matin le procureur de la République à Brest. Hier, toujours en marge du sommet européen, Emmanuel Macron avait insisté sur les raisons ayant obligé à l’intervention de la Marine nationale pour immobiliser le tanker :
Si le sujet est sensible au point de remonter au sommet de l’Etat c’est que le Pushpa est suspecté d’être à l’origine des survols de drones du Danemark la semaine dernière, alors qu’il naviguait à 90 kilomètres de Copenhague. Par ailleurs, son interpellation en haute mer, par la frégate Auvergne de la Marine nationale, est très encadrée par le droit international et soumise à de nombreuses conditions par la convention de Montego Bay, parmi lequel le « doute sur la nationalité du bateau ».
Interrogé à la sortie du Sommet de la Communauté politique européenne, Emmanuel Macron s’est montré « prudent » concernant l’hypothèse évoquée de l’utilisation du Pushpa comme base de lancement des drones qui ont survolé le Danemark. Cependant, le président de la république a affiché un discours de fermeté face à la multiplication des actions de guerre hybride sur le territoire européen : « Il est très important d'avoir un message clair. Les drones, qui violeraient nos territoires, représentent un risque important. Ils peuvent être détruits, point final », a-t-il martelé.
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Quelques minutes plus tôt, en marge du même sommet, c’est le président ukrainien Volodymyr Zelensky qui mis en garde contre une Russie qui pourrait violer l’espace aérien « n'importe où en Europe (…) Les incidents de drones à travers Europe montrent clairement que la Russie est prête à une escalade dans cette guerre et qu'il n'a jamais été question simplement de l'Ukraine ».
Julien Gouesmat avec AFP