Pour prévenir les sabotages ennemis, l’Otan a lancé une force d’intervention composée de drones, capteurs aériens et planeurs sous-marins. Elle vient de la tester dans des conditions réelles.
D'ordinaire, depuis ces dunes battues par un fort vent d'ouest, la marine danoise n'hésite pas à ouvrir le feu contre des cibles aériennes ou maritimes. Mais, pendant ce mois de juin, pas le moindre coup de canon n'a été tiré.
À la place, un ballet d'une vingtaine de drones américains, — britanniques, norvégiens et français. À la surface de l'eau, les engins ont parcouru jour et nuit le rail de navigation commerciale, fréquenté par des porte-conteneurs, des pétroliers ou de simples voiliers. Ces drones ultra-sophistiqués ont été testés en conditions réelles pour évaluer leur fiabilité en cas de menaces sur les infrastructures sous-marines.
Les fonds marins de la Baltique sont en effet devenus un terrain de bataille de la guerre hybride moderne. Encore plus depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, et l'entrée de la Finlande et de la Suède dans l'Otan en avril 2023 et mars 2024.
Surveiller les eaux froides du nord de l'Europe
Le sabotage des gazoducs Nord Stream en 2022 et la dégradation depuis de plusieurs câbles sous-marins électriques et de télécommunications ont montré combien les infrastructures de l'Alliance atlantique pouvaient être vulnérables.
Fin 2024, à l'initiative de l'amiral français Pierre Vandier, commandant suprême allié Transformation (SACT) de l'Otan, l'Alliance a donc lancé la Task Force X, ou TFX, une force d'intervention rapide capable de déployer des systèmes maritimes de surveillance sans équipage : drones de surface (USV), capteurs aériens (UAV) et planeurs sous-marins.
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Jean-Marc Tanguy, envoyé spécial à Gniben (Danemark) et à bord du bâtiment « Rhône »