Industrie : le coût de l’énergie baisse mais reste bien plus élevé qu’avant-Covid

La facture énergétique (hors matières premières) dans l’industrie a atteint 17,3 milliards d’euros en 2024 (photo d'illustration).
© jannonivergall, Pixabay

La facture énergétique (hors matières premières) dans l’industrie a atteint 17,3 milliards d’euros en 2024 (photo d'illustration).
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Après trois ans de hausse, les prix de l’énergie nécessaire au fonctionnement des usines tricolores se sont affichés en baisse en 2024, selon une étude de l’Insee parue mercredi. La facture énergétique (hors matières premières) dans l’industrie a ainsi atteint 17,3 milliards d’euros, soit un repli de -24 % comparé à l’année précédente.
« En 2021, la reprise économique post-Covid avait entraîné une forte augmentation de la demande mondiale d’énergie, qui, combinée à une offre limitée, avait engendré une hausse brutale de la facture énergétique industrielle (+40 %). En 2022, la guerre en Ukraine avait prolongé et amplifié cette hausse (+52 %). En 2023, la facture avait continué d’augmenter, mais à un rythme plus faible (+5 %) », rembobine l’institut national de la statistique.
Ce recul desserre l’asphyxie financière pesant depuis trois ans sur les usines françaises, mais seulement en partie. Car la facture énergétique reste presque 1,5 fois plus élevée qu’en 2019, où elle était de 11,7 milliards d’euros. Ce, alors que la consommation a, dans le même temps, baissé de 16 %.

Toutes les sources d’énergie ont vu leur prix diminuer en 2024. Le prix du mégawattheure (MWh) d’électricité a ainsi reculé de -28 %, après une hausse de +31 % en 2023.
Les autres avaient amorcé leur repli dès 2023 et l’ont confirmé en 2024 : - 21 % pour le gaz (après -12 % un an plus tôt), -5 % pour les produits pétroliers, -13 % pour la vapeur et -18 % pour les combustibles minéraux solides.
Reste que ces baisses sont loin d’effacer les fortes hausses de ces dernières années. Entre 2019 et 2024, le prix du gaz a augmenté de 103 %, celui de l’électricité de 64 % et celui des produits pétroliers de 38 %. Si la baisse de 2024 est bienvenue, elle devra donc se prolonger dans le temps pour permettre aux industriels de reprendre des couleurs.
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Le coût de l’énergie pèse en effet sur la rentabilité des acteurs du secteur de l’industrie. Une problématique qui touche aussi leurs homologues européens. Début février, les industriels électro-intensifs du Vieux Continent – les gros consommateurs d’énergie – ont d’ailleurs appelé les responsables européens à mettre en place des « initiatives concrètes » pour faire baisser les prix de l’énergie de manière immédiate, ciblant notamment les frais de réseau ou les taxes.