Christel Bories, PDG d’Eramet, assiste à une conférence de presse après l’inauguration d’une usine de production de lithium au Salar Centenario, à Salta, en Argentine, le 3 juillet 2024.
Après des résultats négatifs annoncés mercredi soir, le géant minier français s’écroule en bourse ce matin.
Les informations à retenir
477 millions d’euros de perte et 20 % de perte en Bourse
Eramet a annoncé une perte nette de 477 millions d’euros en 2025.
L’entreprise fait déjà face à des remous en interne suite au départ de son directeur général et à la suspension du directeur financier.
Compte tenu des pertes, le groupe a convenu d’une recapitalisation avec ses actionnaires majeurs, l’État et la famille Duval.
Au cours des 20 premières minutes d’échange à la Bourse de Paris, l’action du minier français Eramet a chuté de plus de 20 %, s’écroulant à 48,20 euros. En cause : l’annonce des résultats hier soir qui révèlent une perte nette de 477 millions d’euros en 2025, obligeant le groupe présent sur les 5 continents à appeler ses actionnaires à la rescousse pour renflouer les caisses.
Une recapitalisation prévue
Il y avait, avant les annonces des résultats mercredi soir, déjà beaucoup de turbulences dans l’entreprise. Début février, le conseil d’administration avait démis de ses fonctions Paulo Castellari, directeur général depuis 9 mois à peine, avant de suspendre également le directeur financier. C’est donc à Christel Boris, présidente du conseil d’administration et directrice générale par intérim, qu’est revenue la lourde tâche de commenter les résultats publiés après bourse hier. « Notre performance opérationnelle n’a pas été partout à la hauteur de nos objectifs », a reconnu l’intéressée.
Compte tenu de ce passage dans le rouge, une recapitalisation a été convenue avec les actionnaires historiques : la famille Duval (37 %) et l’État français via Bpifrance et la Caisse des dépôts (27 %). Ces derniers mettront la main à la poche à hauteur d'environ 500 millions d'euros. « C'est un acte fort et un engagement de nos actionnaires pour traverser le bas de cycle » dans lequel se trouve l'entreprise, « et tirer le plein potentiel de ses actifs », a déclaré la PDG. En outre, Eramet prévoit une « revue stratégique d'actifs » incluant la recherche de partenaires susceptibles de les « monétiser ».
Un « cycle bas » pour l'entreprise
Le « cycle bas » évoqué par Christel Bories correspond à une accumulation de facteurs négatifs. La mine de Weda Bay en Indonésie, qui extrait du nickel conjointement avec le chinois Tsingshan, sera impactée en 2026 par la décision des autorités de diviser par 3 la production afin de relancer les prix. Déjà les revenus de la part minoritaire d'Eramet la mine indonésienne ont diminué de 6,6% en 2025, après une baisse de 7 % l'année précédente.
Au Sénégal, où le français exploite des sables minéralisés grâce à une mine itinérante, l'entreprise patît de la baisse des prix des matières premières : -21% pour l’ilménite et -25% pour le zircon au cours des 3 dernières années. L'entreprise avait déjà annoncé en décembre un plan de redressement nommé ReSolution visant à améliorer la productivité.
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Parmi les atouts forts dont le groupe bénéficie dans ce climat morose figure son activité en Argentine. Début 2025, la mine de Centenario sortait sa première production de lithium. Au cours de l'année, les perspectives se sont avérés réjouissantes à mesure que l'usine montait en cadence avec « une capacité nominale de près de 75 % atteinte en décembre ». Ces bonnes performances se sont faites parallèlement avec une reprise positive des cours du lithium depuis le second semestre 2025.