Deux semaines après l'accident industriel survenu sur le site classé Seveso du chimiste Elkem, à Saint-Fons (Rhône) ayant conduit à la mort de deux salariés, plusieurs enquêtes sont encore en cours. La production du site pourrait, quant à elle, reprendre à compter de ce mardi 6 janvier.
Spécialisé dans la production de silicones pour différents marchés (transition écologique, électronique, santé, aéronautique et spatial...), le site de l’industriel norvégien (dont le capital est majoritairement détenu par un groupe chinois)
fait désormais l'objet de plusieurs enquêtes, toujours en cours à ce stade.
Une enquête pour « homicides et blessures involontaires par personne morale et homicide involontaire par personne morale dans le cadre du travail » a notamment été ouverte par le parquet de Lyon et confiée à la division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS) et à la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (DDETS).
« Nous avons actuellement une enquête sous l'autorité du Parquet, une enquête administrative sous l'autorité de la DREAL, ainsi qu'une enquête du bureau des risques industriels (BEA) et une autre de l'inspection du travail, en plus naturellement d'une investigation interne pour déterminer précisément les causes de l'accident », confirme à La Tribune le porte-parole du groupe, Guillaume Artois.
Alors que les causes de cet incident ne sont toujours pas officiellement établies, les premières pistes pointent « une émission d'hydrogène » au sein d'un atelier pilote de l'entreprise, dédié aux phases préindustrielles de production, sur une unité installée en 2021.
Des salariés « tous expérimentés »
« Cet accident a touché 4 salariés qui étaient tous expérimentés, durant une opération courante de dévolatilisation, un procédé qui consiste à purifier un produit en supprimant ses composés volatils. Ils étaient en train de travailler avec une huile de silicone hydrogénée, que l'on utilise comme un intermédiaire de fabrication dans la production de silicones », confirme Guillaume Artois.
Si les dégâts matériels ne sont pas encore chiffrés, celui-ci indique que « cette catastrophe est avant tout humaine, et pas matérielle ». Il précise par ailleurs que l'indisponibilité de cet atelier n'empêche pas la reprise de la production, qui avait été suspendue avec quelques jours d'avance sur la fermeture annuelle (habituellement observée entre le 25 décembre et le 5 janvier).
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