D'après des notes de la compagnie d'assurances Coface, ce sont en particulier les médicaments génériques " à petites molécules " comme le paracétamol ou les antibiotiques qui seraient menacés.
Le secteur pharmaceutique subit de plein fouet les tensions au Moyen-Orient. Entre blocage du détroit d'Ormuz et envolée des coûts pétrochimiques, la chaîne de valeur mondiale vacille. L'Europe, dépendante à 80 % de l'Asie pour ses principes actifs, pourrait craindre des pénuries sur certains médicaments.
Après le pétrole et les engrais, c’est au tour des médicaments d’être menacés par le conflit avec l'Iran. Les problèmes d’approvisionnement et la hausse des prix perturbent le secteur pharmaceutique qui dépend en partie du pétrole et du gaz pour la fabrication de ses produits.
Avec le blocage du détroit et le ralentissement des aéroports dans la région, c’est toute la chaîne de valeur des médicaments qui est bouleversée. « Il existe d’autres possibilités d’acheminement mais le coût est plus important et les chaînes de valeur sont tellement étendues pour certains produits que, petit à petit, on peut se diriger vers des pénuries », indique Deniz Ünal, économiste au CEPII. Certains intrants tels que l’éthylène, l’urée ou encore la paraffine viennent, par ailleurs, directement des pays du Golfe.
Les génériques particulièrement touchés
D’après des notes de la compagnie d’assurances Coface, ce sont en particulier les médicaments génériques « à petites molécules » comme le paracétamol ou les antibiotiques qui seraient menacés. Ils reposent en grande partie sur les intrants pétrochimiques. Et l’Europe importe à près de 80 % ses principes actifs, la substance qui donne au médicament sa propriété thérapeutique, de Chine et d’Inde.
Deux pays qui rencontrent des difficultés à s’approvisionner en pétrole avec le blocage. « L’Europe a délocalisé la production de ces médicaments peu chers pour des raisons de coût. Résultat, nous sommes très dépendants de cette région », complète l’économiste du CEPII.
« Derrière des médicaments vendus quelques centimes se cache une dépendance massive au pétrole, au gaz et à une chaîne de production très concentrée. Quand ce système est sous tension, ce ne sont pas seulement les prix qui montent : certaines molécules deviennent physiquement indisponibles », estime Joe Douaihy, économiste chez Coface spécialiste du secteur pharmaceutique.
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