Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a vu son bénéfice bondir de 45 % en 2025, porté notamment par les médicaments contre le cancer. Le laboratoire a annoncé fin janvier un accord pour développer des traitements contre l'obésité et le diabète.
Astra semble profiter de son basculement sur les anti-cancéreux et anti-obésité pour faire mieux que Sanofi et GSK en 2025. Le géant pharmaceutique britannique a annoncé ce mardi un bond de 45 % de son bénéfice à 10,23 milliards de dollars en 2025, capitalisant sur ses médicaments contre le cancer, sur fond d'investissements massifs en Chine et aux États-Unis.
Le chiffre d'affaires du groupe, qui a progressé de 9 % à 58,74 milliards de dollars sur la période (contre + 6,2 %, à 43,62 milliards d’euros, pour Sanofi, et + 4 %, à 32,7 milliards de livres, pour GSK), est également porté par les remèdes contre les maladies cardiovasculaires, rénales et métaboliques, la recherche et développement, et les maladies rares.
Le laboratoire a par ailleurs annoncé fin janvier un accord distinct avec le chinois CSPC Pharmaceuticals pour développer des traitements de nouvelle génération contre l'obésité et le diabète, ainsi qu'un investissement de 15 milliards de dollars d'ici à 2030 dans la fabrication de médicaments et la recherche et développement en Chine.
À en croire les résultats publiés ces derniers jours, la plupart des groupes pharmaceutiques semblent miser sur les traitements anticancers et antiobésité, alors que les ventes de vaccins diminuent. Le dernier en date, GSK, a annoncé mercredi dernier des résultats en forte hausse l'an dernier, notamment portés par la croissance de ses traitements spécialisés (VIH, oncologie...).
Un programme musclé dans l'anti-obésité pour Pfizer
Les ventes de ses médicaments spécialisés progressent dans l'ensemble de 1 %, ceux liés au cancer profitant d'une hausse encore plus marquée (+40 %). Et en 2026, le géant pharmaceutique britannique prévoit la construction d'une usine en Pennsylvanie pour de nouveaux médicaments contre les maladies respiratoires et le cancer.
Newsletter
Industrie et service
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
Merck a également vu ses résultats en partie portés par la croissance des traitements contre le cancer et les maladies cardiovasculaires et respiratoires. Les ventes du médicament vedette du groupe, le Keytruda (oncologie), ont atteint 8,4 milliards de dollars (+7 %) avec une forte demande dans les indications métastatiques et les traitements en phase préliminaire.
Pfizer, pour sa part, a confirmé mardi dernier ses objectifs pour l'exercice 2026 avec un programme musclé dans l'anti-obésité. Le groupe prévoit plus d'une vingtaine d'essais cliniques cette année, dont une dizaine en phase 3 avant mise sur le marché. Et le laboratoire a finalisé en novembre l'acquisition de la biotech américaine Metsera, spécialiste des traitements anti-obésité.
Novo Nordisk, de son côté, a annoncé qu'il prévoyait un recul de 5 % à 13 % de ses ventes en 2026, à changes constants. Et pour cause, comme son concurrent Eli Lilly, le géant danois a conclu début novembre un accord avec l'administration Trump pour faire baisser les prix, très élevés, de leurs traitements phares contre le diabète et l'obésité aux États-Unis.
« Un taux de vaccination plus faible dans tous les pays »
À l'inverse, les ventes de vaccins ont légèrement diminué « en raison d'un taux de vaccination plus faible dans tous les pays », a souligné Sanofi fin janvier, et celles contre la grippe ont pâti « d'une baisse des volumes et d'une légère baisse des prix, plus particulièrement dans des pays comme l'Allemagne », selon le directeur financier du groupe, François Roger.
La croissance de Sanofi est portée par son médicament vedette Dupixent, qui a encore enregistré une « année remarquable » en 2025, et par la montée en puissance de ses lancements récents. Neuf ans après son lancement, l'anticorps monoclonal Dupixent a vu ses ventes annuelles grimper de plus de 20 % pour atteindre 15,71 milliards d'euros.
« Les ventes de nouveaux produits pharmaceutiques ont progressé de 48 % pour atteindre 3,9 milliards d'euros », dynamisées par Ayvakit, acquis auprès de la biotech américaine Blueprint Medicines pour traiter une maladie rare du système immunitaire, et par le médicament Altuviiio, « devenu un médicament phare en 2025 », a souligné François Roger.
Merck a également vu le chiffre d'affaires du Gardasil (vaccin contre le papillomavirus HPV) continuer de reculer (-34 % à 1 milliard de dollars), souffrant de la baisse de la demande en Chine et au Japon après une vaste campagne de vaccination.