Métaux critiques : le paradoxe de la demande
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Huitième épisode de la série de correspondance menée par La Tribune entre Didier Julienne et Jean-Wilfried Diefenbacher
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Huitième épisode de la série de correspondance menée par La Tribune entre Didier Julienne et Jean-Wilfried Diefenbacher
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Étrange paradoxe que celui qu'offre le marché du lithium, dont les cours remontent depuis maintenant un mois et demi. Quatre ans plus tôt, il avait déjà connu une impressionnante embellie à la suite de la mise en place de politiques de transition écologique, mais également en raison de la bascule des batteries NMC (nickel-manganèse-cobalt) vers des batteries lithium-ion. La demande était attendue forte et les investisseurs se sont rués sur le marché. Seulement, force est de constater après plusieurs années que la demande n'est pour l'instant pas aussi importante qu'espérée malgré de bonnes perspectives.
Alors, qui de l'offre ou de la demande manque à l'appel ? Y aura-t-il assez de métaux pour piloter la transition énergétique ? Les deux auteurs de notre série de correspondance discutent aujourd'hui des enjeux de marché.
Récemment, la Banque mondiale a estimé que 500 milliards de dollars d’investissements dans les mines étaient nécessaires d’ici à 2040 pour répondre à la demande en « métaux critiques ». Si la demande est présente, ou du moins attendue, quels sont les freins à la montée en puissance de l’offre ?
DIDIER JULIENNE - Les estimations de la Banque mondiale datant de 2020 étaient déjà surdimensionnées et cet ancien scénario était bâti à partir de l’une de ses propres études sur « le rôle des métaux dans un monde futur sobre en carbone » datant de 2017. Elles inspirèrent les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie. L’ensemble était basé sur des raisonnements pétroliers, c’est-à-dire une matière qui, à l’inverse des métaux, ne connaît ni substitut ni recyclage. La façon de penser était donc faussée dès le départ et il m’apparaît que les déclarations de la Banque mondiale de décembre 2025 font la même erreur, notamment parce que le progrès technique permet déjà de diminuer, voire d’éliminer totalement des métaux critiques, qu’elle cite, de produits de la transition énergétique, telle la voiture électrique.